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Cheikh Anta DIOP
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COUP D’ÉTAT au MALI/ Le Capitaine SANOGO dit tout- Entretien avec le président du CNRDRE sans détour

Dans une interview qu’il nous accordée le président du Comité pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Eta revient sur le sens du coup d’Etat du 22 mars, l’Accord cadre signé avec la CEDEAO, la situation au nord, la transition, etc…
Quand le président du Comité pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat, le capitaine Amadou Haya Sanogo ,nous reçoit ce samedi au quartier général du Comité à Kati, le dispositif sécuritaire est des plus strict. Il faut montrer patte blanche pour accéder au bureau du patron du Comité. Et là surprise : l’atmosphère change totalement. Et c’est un capitaine détendu et jovial que nous retrouvons. Première question : Qu’est-ce qui a été posé comme actes majeurs par le coup d’Etat du 22 mars ? Réponse : « Depuis une vingtaine d’année, le Mali est cité comme un exemple de démocratie en Afrique. Mais il se trouve que cette démocratie n’était qu’une coquille vide. A la mauvaise gouvernance s’est ajoutée la situation au Nord. Il fallait donc agir. Depuis, nous avons posé beaucoup d’actes. Après les premiers jours de désordre, l’administration publique fonctionne normalement. Nous avons rétabli la constitution et les institutions. Il y a eu l’Accord cadre qui a permis la désignation d’un président intérimaire qui a prêté serment ».
Qu’elle interprétation fait-il de l’Accord-cadre signé avec la CEDEAO ? « Pour moi, tout est clair dans l’Accord Cadre. Il est dit qu’après la période de transition qui doit durer tout au plus 40 jours, le Comité national pour le redressement de la démocratie et le rétablissement de l’Etat et la CEDEAO vont se retrouver pour mettre en place les organes de la transition au terme de laquelle des élections transparentes et crédibles seront organisées. Mais pour cela, il faut un fichier électoral consensuel et fiable », indique le capitaine. Quant à la situation au nord, lui qui a passé 8 ans en service dans cette partie du pays, estime l’avancée foudroyante des rebelles au Nord résulte d’une situation antérieure créée par le laxisme et l’incompétence de l’ancien régime. « Le CNRDRE a hérité d’une situation très pourrie. Nous ne pouvions construire en deux semaines, ce qui a été cassé en 20 ans. A ce niveau de la situation au nord, comment comprendre que des hommes armés arrivent à parcourir plus de 600 kilomètres par jour si n’est pas un arrangement précédent ? C’est un rythme infernal. Ca veut dire que la situation ne tenait qu’à un fil qui a été coupé. Nous sommes en train de mettre en place des structures et des plans pour que le pays retrouve son intégrité territoriale. Il y a bien sûr la place pour le dialogue si cela peut régler la situation », poursuit Sanogo.
Quant à une éventuelle intervention de la CEDEAO, le capitaine Amadou Haya Sanogo répète qu’il a plutôt besoin de moyens logistiques que d’hommes. « Ce ne sont pas les hommes qui manquent. Mais il faut certainement les mettre à niveau, mieux les équiper et les réarmer moralement ». Concernant ses rapports avec le président par intérim, Dioncounda Traoré qui a prêté serment jeudi dernier, le capitaine Sanogo répond : « Il est le président de la République par intérim. Moi je contrôle l’armée. Et lui, il est le chef suprême des armées tant qu’il restera président de la République ». Quid de la désignation tant attendue d’un Premier ministre ? Le président du CNRDRE assure que cela se fera en concertation avec les différentes parties et la CEDEAO. « On connaîtra les résultats des discussions dans les jours à venir, mais pour le moment, je n’ai aucun nom en tête ». Par ailleurs, le président CNRDRE assure n’être aucunement l’otage de radicaux du Comité comme cela se dit en ville. « Au début du mouvement, j’étais le seul officier en face de la troupe. Ils font partie intégrante du mouvement. Mais je ne vois pas sous quelle pression je dois agir. Je concerte, certes, les autres pour certaines décisions. Ce qui est normal.
Mais c’est moi qui suis le commandant », assure-t-il. Quand on lui demande comment il entrevoit le statut du Comité national pour le redressement de la démocratie et de l’Etat, Amadou Haya Sanogo répond : « Nous ne sommes pas venus pour casser un mur et tourner le dos. Encore une fois, c’est la CEDEAO et nous qui allons nous asseoir pour définir les contours de la transition et pour mettre en place les instances qui doivent conduire cette transition ». Notre pays est largement dépendant de l’aide extérieure. Or dès le coup d’Etat, la plupart de ces partenaires ont suspendu leur aide. La situation a-t-elle évolué depuis les événements ? A-t-il des contacts avec ces partenaires ? « Je pense que dès lors que la CEDEAO a levé ses sanctions avec le rétablissement de l’ordre constitutionnel, les partenaires ne tarderont pas à reprendre leur appui ». S’agissant des inquiétudes quant aux moyens de l’Etat à payer les salaires de fonctionnaires dans un contexte économique très difficile, Amadou Haya Sanogo se veut rassurant : « Nous avons eu quelques problèmes dans les régions de Ségou et Mopti. Cela est dû au fait que les banques doivent prendre un certain nombre de mesures de sécurité. Mais je pense que le problème est réglé et je peux assurer que les salaires de ce mois seront faits. Le président du CNRDRE annonce par ailleurs le renforcement des patrouilles de nuit des forces armées et de sécurité pour renforcer davantage la sécurité.

Par Salim Togola in L’ESSOR

Mon, 16 Apr 2012 19:22:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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