« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Cour pénale internationale: Pourquoi Bensouda a revu les charges contre Gbagbo

En revisitant ses charges contre l’ex-chef d’Etat soupçonné de crimes contre l’humanité, le procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a les idées bien claires. Elle entend tout mettre en œuvre pour que l’ex-numéro 1 ivoirien soit jugé par la Cour pour sa « responsabilité» dans les évènements post-électoraux de décembre 2010 à avril 2011. La tenue d’un procès passe par l’audience de confirmation des accusations (ou des charges), laquelle débutera le 19 février prochain, à la La Haye.

Fatou Bensouda poursuit, aujourd’hui, Laurent Gbagbo pour sa« responsabilité directe» dans la mise à exécution des crimes qui lui sont reprochés. Jusqu’ici, l’ancien président était poursuivi pour crimes contre 1 ‘humanité en qualité de co­auteur indirect des meurtres, viols, actes inhumains et persécutions commis, sous ses ordres, par ses partisans.
Le procureur Fatou Bensouda qui a succédé, en 2012, à l’argentin Luis Moreno Ocampo, estime judicieux de nuancer les accusations contre Gbagbo, du moins, de les renforcer. Le magistrat espère ainsi que l’ancien chef d’Etat et sa défense aient une marge de manœuvre réduite. L’audience de confirmation des charges, en effet, est celle devant permettre aux juges, de déterminer si oui ou non, les éléments de preuves fournis par l’accusation appellent à la tenue d’un procès.

Dans un document dit de notification des charges s’étalant sur 58 pages, Fatou Bensouda, soutient, au sujet de Laurent Gbagbo, qu’il a une « responsabilité pénale» dans les événements de 2010-11 «pour avoir élaboré et mis en œuvre une politique visant à le maintenir au pouvoir par tous les moyens, en qualité de président de la Côte-d’Ivoire, notamment au travers d’attaques soutenues, minutieusement planifiées, meurtrières, généralisées et systématiques (. . .) ». La défense de l’ex-chef d’Etat amenée par le français Emmanuel Altit va s’attacher à démonter ces accusations.

Laurent Gbagbo a été écroué au centre pénitentiaire de Scheveningen (La Haye) le 30 novembre 2011. Sa défense a introduit plusieurs requêtes de mise en liberté provisoire mais celles-ci n’ont, jusqu’ici, pas abouti.

Kisselminan COULIBALY in Soir info

Wed, 30 Jan 2013 02:27:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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