« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Crime économique par haute trahison

Au lieu de dire crime économique pour haute trahison, nous préférons l’expression crime économique par haute trahison. La raison ? En effet, le crime de haute trahison est l’infraction aux contours peu précis. Elle est avant tout une infraction politique qui consiste en une extrême déloyauté envers son pays et ses institutions. Elle est sanctionnée par un jugement de la haute cour de justice de l’Etat. La haute trahison concerne ici la trahison du serment prêté par M. Ouattara dans la foulée de son investiture au sens de l’article 39 al.3 de la constitution ivoirienne : « Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les droits et libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis mon serment. »
Le dol moral induit par les promesses mirobolantes de M. Ouattara à l’effet de tromper le peuple, ne milite pas dans le sens de l’intérêt supérieur de la nation, car ADO est un sachant en matière économique, du moins, le croit une grande partie du peuple. Pendant la campagne présidentielle, comme Merlin l’enchanteur, il promettait d’élever la Côte d’Ivoire au rang de pays économiquement émergent au bout de cinq ans de gouvernance. Jamais de mémoire d’homme, un acteur politique n’a atteint cette prouesse.
Par ailleurs, quand on lit dans la presse proche du pouvoir ivoirien que « seul le nom d’Alassane Dramane Ouattara ouvre des portes sur le plan économique », on ne peut s’empêcher de rire. Le bavardage qui n’apporte rien de concret commence à nous lasser depuis un an. Sa connaissance des circuits monétaires et financiers qui ferait pleuvoir des cordes de milliards sur notre pays nous oblige à une double interrogation :
-Soit l’homme est un menteur sadique qui veut délibérément tromper les Ivoiriens,
– soit il est limité en économie, mais sa réputation est surfaite, eut égard à ce constat que nous avons pris dans « Café de la bourse » sous la plume de Louis Yang et Laurent Curau : Avis de tempête sur l’économie mondiale.
Qu’on en juge : « Où que l’on regarde, les nuages noirs s’accumulent à l’horizon. Ils arrivent de toutes parts : d’Europe, des Etats-Unis, de Chine et d’ailleurs. L’économie mondiale pourrait tomber en récession dès 2013.
La crise de la zone euro s’aggrave.
En dépit des récentes avancées du dernier sommet européen, les taux d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie restent élevés (6,39% et 5,73% respectivement).
Les pays de la zone euro auraient besoin d’un euro faible pour amortir les effets de la récession et rendre les réformes budgétaires moins douloureuses. Mais la présence de l’Allemagne dans la zone monétaire alimente la force de l’euro et étouffe toute reprise économique de ses voisins.
Le tout sur fond de crise bancaire : les banques se replient sur leurs pays d’origine et les capitaux fuient de la périphérie et augmentent les risques de panique bancaire.
L’économie américaine s’affaiblit.
Le PIB américain est en hausse de seulement 1,9% au T1 2012, contre +3% au trimestre précédent… »
Avec un tel constat, on se demande comment le « docteur Alassane Dramane Ouattara » va faire pour déjà profiter de son statut de pays pauvre très endetté et ensuite faire décoller la Côte d’Ivoire, si l’environnement économique international est morose.
Connaître les circuits financiers et monétaires est une chose, mais encore faut-il déjà faire entrer les impôts dans les caisses de l’Etat, ce qui est une autre affaire. A l’évidence, le statut de PPTE n’est pas un don d’argent frais, mais il permet simplement la remise partielle de la dette qu’on a. Pour que les entreprises payent des impôts et cotisent au plan social, il faut qu’elles puissent travailler et entrer dans leurs fonds. On attend par conséquent les mesures d’accompagnement de ce statut de PPTE, pour savoir si l’on peut espérer relancer l’économie générale du pays. Devant l’incertitude que laisse planer le sieur Ouattara, on n’est pas loin de conclure au pessimisme. Dans sa logique, il disait il n’y a pas si longtemps que le peuple s’impatiente parce que la politique économique Ouattara marche bien. Autrement dit, quand ça ne va pas, le peuple reste patient. S’il y avait un mot plus fort que le cynisme, on l’aurait bien volontiers employé contre cet homme.
Aussi, à y regarder de plus près, il doit être poursuivi devant la haute cour de justice de Côte d’Ivoire pour haute trahison, car il a suscité un grand espoir parmi la population qui plus est, n’arrête pas de serrer la ceinture au risque de s’étrangler en attendant l’embellie économique.
Le temps des miracles est révolu. Il n’y a que le peuple RHDP pour suivre Alassane Dramane Ouattara comme le chat suivait le bélier dans le secret espoir que sa bourse pendante, se décrochera d’entre ses deux pattes postérieures.

Louis-Freddy Aguisso

Mon, 09 Jul 2012 03:36:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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