Un contentieux électoral se règle par les institutions de la République chargées de réguler le jeu électoral. Il n’est écrit nulle part dans les lois ivoiriennes qu’un contentieux électoral doit se résoudre par les armes ou par la guerre. Dans le cas ivoirien, à la dernière présidentielle de 2010, il y avait la Cei pour donner les résultats provisoires et le Conseil constitutionnel pour donner les résultats définitifs sans offrir une voie de recours selon la Constitution. Ce qui veut dire que quand le Conseil constitutionnel tranche, un citoyen digne est obligé de se soumettre. Au cas où il n’est pas satisfait, il ne serait pas raisonnable ni indiqué de recourir aux armes pour contester l’arrêt du Conseil constitutionnel.
Dans une République, c’est la loi qui règle les problèmes et non les armes. C’est d’ailleurs pour cela qu’à la dernière élection, Laurent Gbagbo a voulu donner toutes les chances à un règlement pacifique. Parce que bien qu’étant déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel, il ne s’est pas enfermé pour se contenter de l’arrêt rendu par le Conseil constitutionnel. Gbagbo a préconisé le recomptage des voix. Il avait fait une ouverture en sollicitant les grandes puissances dans toutes leurs diversités et les organisations sous-régionales et internationales afin d’arbitrer ce recomptage.
Mais, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon censé œuvrer à la paix dans le monde a opposé un refus. Estimant que recompter les voix était faire une injustice à Alassane Ouattara. Au moment où il prenait une telle position, déjà les communes d’Abobo et Anyama étaient sous les feux du commando invisible. Qui est une branche de la rébellion de 2002.
N’ayant jamais désarmé, cette rébellion, depuis Abobo et Anyama, est passée à l’offensive contre les forces régulières dans le District d’Abidjan. Ce commando invisible était dirigé par Ibrahim Coulibaly dit I.B. Un chef de guerre ayant combattu à visage découvert dans la rébellion. IB était même au rendez-vous du coup d’Etat qui a chassé Bédié en décembre 1999.
Tous les animateurs de la rébellion de 2002 sont associés, depuis le 11 avril 2011 à la gestion du pouvoir par Alassane Dramane Ouattara. Il s’agit de Gullaume Soro, fait de façon précoce président de l’Assemblée nationale. Au nombre de ces rebelles qui se trouvent dans la gestion du pouvoir d’Etat, il y a Issiaka Ouattara dit Wattao, Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, transformé en préfet de région comme Koné Messamba et Tuo Fozié. Sacrilège ! Chérif Ousmane, Koné Zakaria, Touré Hervé dit Vetcho et Djah Gao, tous des com’zone de la rébellion ont été récompensés par Ouattara pour service rendu. Alors que, la main sur le cœur, il a toujours nié son parrainage de la rébellion. Il avait promis d’ordonner une enquête sur cette rébellion. De la pure comédie ! Ce n’est un secret pour personne, les rebelles ont été mis en mission par lui depuis le coup d’Etat de 1999. N’ayant pas eu gain de cause, ils ont ouvertement déclaré la guerre en 2002. Une guerre relancée à la faveur de la crise post électorale pour atteindre leur objectif.
L’argument qui consiste donc à imputer 3000 morts à Gbagbo s’effrite à l’analyse. Parce que le 19 septembre 2002, il n’y avait pas un conflit électoral. Les élections venaient d’être organisées 2 ans auparavant. Les suivantes devaient être organisées en 2005. Pourquoi Ouattara et ses troupes n’ont-ils pas attendu ? Ils ont recruté les mercenaires, acheté les armes pour faire la guerre à Gbagbo. La crise post électorale de 2011 est donc l’aboutissement de la rébellion de 2002.
Attribuer les 3000 morts à Gbagbo, c’est lui faire un faux procès. Il n’y avait d’ailleurs pas lieu pour lui de confisquer un pouvoir qu’il a gagné dans les urnes. Comme il le dit si bien à la CPI : « C’est celui qui a perdu les élections qui créé les troubles ». Pour dire que c’est plutôt Alassane Ouattara le perdant qui occasionné les morts. Halte à la falsification et à la manipulation !
Benjamin Koré
In Notre Voie