En signifiant clairement que les décisions du Conseil constitutionnel sont inattaquables, on constate que son prédécesseur est un récidiviste notoire. Nicolas Sarkozy a attaqué le Conseil constitutionnel en Côte d’Ivoire. Il a remis en cause les résultats de cette institution proclamant Laurent Gbagbo Président de la République. C’est sur la base du soutien de Paris que son adversaire Alassane Ouattara a refusé d’accepter qu’il était battu dans les urnes. C’est donc l’irrespect de Nicolas Sarkozy pour le Conseil constitutionnel qui a plongé la Côte d’Ivoire dans la violence et la précarité actuelle. Voilà donc que Nicolas Sarkozy, l’ancien chef de l’Etat français, répète cette attitude aberrante dans son propre pays. Le monde entier constate que Sarkozy est un habitué du non-respect du Conseil constitutionnel. Le monde entier sait que cet homme a précipité la Côte d’Ivoire dans sa situation malheureuse actuelle. Pis, le monde entier est conforté dans l’idée que c’est un coup d’Etat que Sarkozy avait fait au profit de son ami Ouattara ! Et disant «Le Conseil constitutionnel doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut le suspecter », Hollande nous indigne implicitement que son prédécesseur a fait un coup d’Etat en Côte d’Ivoire, et qu’il se démarque de lui.
Dès lors que la France a « reconnu » que c’est un coup d’Etat, l’Union africaine (Ua), qui vient de suspendre l’Egypte de ses activités après le renversement du Président Morsi, doit prendre ses responsabilités. Elle doit apprécier la situation ivoirienne à sa juste valeur et mettre le régime du Rdr au banc des accusés. Ce n’est pas anodin que François Hollande, le Président français parle aux Africains, et leur demande de respecter les Constitutions et les institutions. Il nous exhorte à être rigoureux dans le respect de nos lois. Or, en Côte d’Ivoire, son prédécesseur a bafoué le Conseil constitutionnel. Et comme Sarkozy n’a pas hésité à en faire autant dans leur pays, Hollande prend conscience de la gravité de la question, surtout de son entêtement. Mais qu’on ne trompe pas. Sa déclaration, nous insistons, ne s’adresse pas aux Français, mais aux Africains et au monde entier.
Le non-respect des résultats électoraux proclamés par le Conseil constitutionnel d’un Etat indépendant et souverain est inacceptable. Mais cela a été cautionné. Et cette injustice a conduit la Côte d’Ivoire à la guerre. François Hollande vient donc de donner raison à Laurent Gbagbo qui, le 28 février 2013 devant la Cpi à La Haye, appelait les Africains à respecter leurs Constitutions : « La démocratie c’est aussi (…) le respect des textes et, d’abord, de la plus grande des normes en droit, la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate (…) le salut, pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent » En clair, Gbagbo doit être libéré parce que Hollande l’insinue : c’est un coup d’Etat de Sarkozy, qui a obligé le Conseil constitutionnel à se dédire, pour placer Ouattara au pouvoir. C’est donc bien qu’enfin, la France reconnaisse le coup d’Etat contre le Président Laurent Gbagbo.
Germain Séhoué in Le Temps
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Fri, 12 Jul 2013 00:55:00 +0200
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