« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Crise postélectorale, crise au COJEP: Mark Blé Sépé, un Lieutenant de Blé Goudé fait des révélations « En réalité, Joël Poté n’est pas le président du COJEP » Ce qu’il dit du FPI

Mark Blé Sépé, vous êtes cité comme celui qui est au cœur de la crise qui secoue votre mouvement. Comment réagissez-vous à cela ?


Je voudrais tout d’abord annoncer que la direction intérimaire du COJEP dirigé par Joël Poté, va entreprendre dans les jours à venir une tournée. Nous allons aller à la rencontre de nos militants dans la région du Bas-Sassandra, à San-Pedro, dans la région du Fromager à Gagnoa, à Yamoussoukro, à Agboville et dans le district d’Abidjan. Le COJEP vit, je crois que le camarade Charles Blé Goudé a laissé le COJEP en bon état. Je peux le dire, en ma qualité de secrétaire national chargé de l’implantation, de l’encadrement et des relations avec les structures spécialisées. Mon rôle, c’est de donner un calendrier aux militants du COJEP. Je pense qu’il n’y a pas de crise au sein du COJEP. D’ailleurs, je vous rappelle que Joël Poté a été nommé par Charles Blé Goudé et donc, c’est lui seul qui est habilité à le démettre. En réalité, Joël Poté n’est pas le président du COJEP, il est le 1er vice-président et c’est ce que les gens oublient. Comme Blé Goudé est détenu au secret, il assure l’intérim et il gère les affaires courantes.

Vous dites que le COJEP n’est pas en crise, or le dimanche 7 avril 2013, une Assemblée générale extraordinaire s’est tenue au Baron de Yopougon et a démis Joël Poté. Qu’en dites-vous ?

Mais qui a démis Joël Poté ? Je pense que tout cela est du vuvuzela politique, du banditisme politique. Le COJEP qui est assez responsable pour réfléchir sur une quelconque démission, devrait pouvoir convoquer, si c’était le cas, tous les coordinateurs. Moi je suis le coordinateur de San-Pedro et je n’ai pas été convoqué. Les responsables de toutes les coordinations du Bas-Sassandra n’étaient pas présents. Des coordinateurs m’ont joint, ils n’étaient pas là. Sauf Bouazo Vincent qui est un membre du comité central du FPI, donc qui a une double casquette, Dr Saraka qui est aussi membre du comité central du FPI et qui est aussi dans la direction du COJEP donc il a aussi une double casquette. Nous avons le coordinateur de Bocanda qui est le fédéral de la Jeunesse du FPI dans sa région, Harouna est membre de la fédération du FPI de Bondoukou. Tous ceux là, à l’unanimité ont préféré que ce soit Bly Rosélin qui soit le président par intérim du COJEP, qui lui-même est fédéral adjoint de la JFPI de Yopougon. A voir toute cette coloration, moi Blé Sépé je ne suis pas étonné. Je sais d’où la crise est venue, mais nous sommes sereins.

A vous entendre, on dirait que vous accusez le FPI de vouloir vous déstabiliser ?

Je n’accuse pas le FPI, mais je suis en train de parler aux Ivoiriens parce que ceux qui disent avoir démis Joël Poté ont chacun une double casquette. Et pourtant, le FPI est d’accord avec nous qu’on ne peut pas être militant de deux partis politiques en même temps. Je salue au passage l’ambassadeur Koné Boubacar qui l’a si bien indiqué au cours d’une réunion. Nous sommes au COJEP, nous l’avons créé et nous demeurons COJEP. Nous demandons à ceux qui ont ces doubles casquettes de choisir leur camp, le vrai. C’est ce qui explique le désordre au COJEP, sinon Joël Poté n’est pas démis. S’il l’a été, ce ne sont pas les coordinateurs qui ont décidé. Nous n’avons pas été convoqués. Je connais des coordinateurs qui m’ont dit qu’en réalité il n’y a pas eu de réunion. Des individus ont simplement lu des motions. Mais le COJEP est débout et le COJEP avance avec Joël Poté, avec l’onction de Charles Blé Goudé.

Selon certaines indiscrétions, Joël Poté et vous même Blé Sépé émargeraient à la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) et au ministère de l’Intérieur. Qu’en est-il exactement ?

Cette rumeur est persistante et je pense que c’est le lieu pour moi de m’exprimer et de parler aux Ivoiriens. Ceux qui nous connaissent savent que si on devait trahir le combat, c’était sous Laurent Gbagbo. Nous avons été à plusieurs reprises approchés, nous avons tenu et nous avons mené le combat pour Laurent Gbagbo.

Aujourd’hui, de tous ceux qui parlent, si on fait un bilan de la crise pour connaître ceux qui ont véritablement payé, vous me trouverez en tête. J’ai été plusieurs fois attaqué par les forces qui n’étaient pas légales, Joël Poté aussi a failli perdre la vie à Sassandra. On ne peut pas émarger, on n’émarge pas ! Je mets quiconque au défi d’aller à la CDVR ou au ministère de l’Intérieur pour voir si j’ai une fois signé un document de ce genre. Les gens disent même que j’ai des véhicules 4X4. Je me déplace grâce au transport urbain actuellement comme tout le monde.

Au niveau du Bas-Sassandra, nous avons une éducation. Nous sommes libres dans l’esprit, nous sommes indépendants dans nos actes or certains voudraient que Joël Poté fasse la courbette, qu’il prenne ses décisions de quelque part. Il y a des gens qui veulent que Joël Poté soit à la solde d’un parti politique, réponde d’un parti politique. Nous ne pouvons pas accepter ça, le COJEP a fait sa mutation. De mouvement de pression, nous sommes devenus un mouvement politique. Qu’on nous laisse la liberté de gérer notre mouvement, la liberté de gérer nos militants.

Le COJEP n’est adversaire à aucun parti politique. Je crois que les deux camps qui sont opposés en Côte d’Ivoire sont connus. Avec le FPI, nous sommes des alliés naturels, parce que nous sommes de gauche, mais je pense que le vrai adversaire du FPI, c’est le RDR qui au pouvoir. Le COJEP n’est pas l’adversaire du FPI et pourtant ce sont les journaux proches de Laurent Gbagbo qui chaque jour vilipendent ses enfants. Ils sont en train de déchirer le mouvement le plus proche du FPI et de Laurent Gbagbo. Je pense que ce n’est pas bon.

Êtes-vous en train de décrier une volonté de nuire au COJEP ?

Effectivement, il y a une volonté de nous nuire. On veut nous humilier et humilier Charles Blé Goudé. En tout cas, nous ne sommes pas en déphasage avec les partis de l’opposition, bien au contraire, nous sommes ensemble.

Actuellement au COJEP, il y a une question de légitimité. Finalement, qui est légitime à la tête du COJEP ?

Je dis, ce ne sont pas les coordinateurs qui ont parlé à cette Assemblée générale. Ceux qui pensent qu’ils ont démis Joël Poté ne sont pas des coordinateurs. C’est ceux qui veulent assassiner le COJEP, qui sont manipulés de l’extérieur, qui sont derrière ces personnes là. Sur 76 coordinations sur l’ensemble du territoire, il n’y a que 46 qui fonctionnent et sur les 46, Joël Poté a plus de 36 coordinateurs derrière lui. Donc Poté reste notre président. Charles Blé Goudé, avant son enlèvement, nous a tous confiés à Joël Poté. C’est le camarade Blé Goudé seul qui peut changer cette décision. Qu’on respecte le mouvement de Charles Blé Goudé.

Le COJEP a fait de grandes manifestations en Côte d’Ivoire, des meetings historiques à la place de la République, dans des stades. Comment le COJEP peut tenir une Assemblée générale dans une salle de 30 personnes, qui n’était même pas remplie pour prétendre démettre son président intérimaire. Est-ce que deux personnes peuvent démettre un président du COJEP ? C’est une insulte à la personne de Charles Blé Goudé et aux Ivoiriens. On peut ne pas aimer Joël Poté, mais qu’on respecte le COJEP, qu’on ne vilipende pas notre structure.

Réalisé par Hervé KPODION in L’Inter

Sat, 13 Apr 2013 11:49:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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