Pour aller plus loin, il faudrait aussi tenter de définir ce qu’est un art. La peinture, la musique, la danse, le théâtre, en font partie (même la bd, à qui certains ont octroyé le numéro 9 dans le hit parade artistique). David Guetta, donc, fait de la musique, qui est un art. Ou plutôt fabrique de la musique. La mixe, la produit. Il est dj, ce qui représente indéniablement une technique sans doute pas à la portée de tout le monde, mais, jusqu’à preuve du contraire, ne joue d’aucun instrument de musique (sauf si l’on considère qu’une console de mixage en est un, mais définir ici ce qu’est un instrument nous emmènerait trop loin), ne compose pas, ne chante pas, n’écrit pas….
Stop ! En fouinant dans le répertoire des œuvres déposées à la Sacem, on trouve le nom de David Guetta en tant qu’auteur ou compositeur, parfois les deux, dans exactement 130 œuvres inscrites dans les tablettes de cette noble institution. Même si son patronyme est souvent accolé à une demi-douzaine d’autres signant ensemble la même chanson, David Guetta touche donc des droits d’auteur et de compositeur à la Sacem. Ah bon, alors, c’est un artiste. Au même titre que, par exemple, Pierre Henry, Alain Souchon ou Gérard Garouste (encore que les peintres, comme chacun sait, ne touchent pas de droits d’auteurs, eux).
On n’a rien, ici, contre David Guetta. Le personnage semble plutôt avenant avec sa perpétuelle mine ravie et son look qui rappelle Mike Rutherford, le bassiste de Genesis. De plus, il cartonne dans le monde entier et on devrait en être fier, nous autres français. Mais, allez savoir pourquoi, on rechigne quand même à le considérer comme un artiste. Une attitude qui ressemble sans doute à celle qui consiste à se dire qu’on aurait pu faire pareil, devant un tableau d’art moderne, par exemple le célèbre « Bleu » d’Yves Klein, qui lui, pourtant, est considéré comme un artiste.
Il y a des tas d’artistes qui font de la soupe, et pas que des cuisiniers. Dans ce cadre là, définitivement, le chef Guetta a mérité ses cinq étoiles. Et après tout, peut-être qu’il s’en fout, lui, d’être ou non un artiste.
Par Philippe Barbot in C’est ma tournée !
Sun, 02 Oct 2011 20:39:00 +0200
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