«Major n’est pas mort au combat. Il s’est rendu après un coup fil à un responsable de l’ Onuci. Ceux qui l’ont arrêté l’ont humilié avant de l’exécuter. Ils recevaient des ordres…»
Le témoignage qui donne de la sueur froide dans le dos est celui d’un homme qui s’est présenté comme étant un lieutenant d’Ib. Toutes nos tentatives pour avoir à nouveau cet anonyme au téléphone sont restées vaines, après l’interruption brutale de la communication. N’empêche, sa version, si elle est crédible vient battre en brèche les allégations du pouvoir qui faisait croire que Ib est mort les armes à la main. Autre chose, de qui ceux qui ont arrêté Ib recevaient- ils les ordres ? La réponse nécessite sûrement une boule de cristal pour qui n’est pas dans le secret des dieux. Mais cela coule de source.
Duel à mort, c’est ainsi que les observateurs de l’ex-rébellion ivoirienne qualifiaient l’opposition factionnelle Ib- Soro. Le pire a fini par arriver. Ibrahim Coulibaly, dit Ib,
alias Major, a été tué par ses frères d’armes de l’ex-rébellion quelques jours après l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011. La responsabilité non confirmée de sources crédibles et neutres de Guillaume Soro, son ennemi juré, relève du secret de polichinelle. La polémique a continué à enfler jusqu’à l’enterrement le 15 juin dernier, de celui qui s’est proclamé le père du «commando invisible», le tristement célèbre groupement de pieds nickelés qui a donné du fil à retordre aux ex-Fds, l’armée régulière que commandait Laurent Gbagbo jusqu’à son arrestation. Admirée par les pourfendeurs de Gbagbo, affublée de tous les épithètes amoraux par sa cruauté, cette milice n’a pas survécu à la mort de son supposé géniteur, Ib. Dont les proches, y compris les membres de sa famille, ont été et sont encore la cible des nervis de ceux qu’il a osé défier. Le 25 avril dernier, Coulibaly Moustapha, frère d’Ib, qui avait rejoint les Frci, en avait fait les frais. Il a été tué par des inconnus à un poste des Frci, à Sideci, à Yopougon, au même moment qu’un de ses camarades du chaudron d’Abobo. Selon des témoignages d’un Frci sous le sceau de l’anonymat, instruction (de qui vous savez) a été donnée d’éliminer tous ceux qui sont susceptibles de vouloir venger Ib. Pour faire passer la pilule, ils sont étiquetés d’être de mèche avec les pro-Gbagbo qui chercheraient à déstabiliser le pouvoir de Ouattara. Un stratagème bien huilé qui a coûté la vie à plusieurs jeunes qui se econnaissaient en Ib.Les plus chanceux de sa famille ont pris la poudre d’escampette pour trouver refuge, soit dans la sous-région, soit en Europe. C’est le cas de ses oncles Coulibaly Issouf et Coulibaly Mandjou, ainsi que leur famille, qui n’ont donné jusqu’ici aucun signe de vie.
Tché Bi Tché in Le Temps
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