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Cheikh Anta DIOP
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Défaite de Jean Ping à l’UA: Les soutiens de Ouattara tombent un à un

Le Gabonais Jean Ping n’est plus le président de la Commission de l’Union africaine (UA) depuis le dimanche 15 juillet 2012. Le poste a échu à la Sud-africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, élue au terme d’une élection serrée qui a alimenté pendant six mois, la tension entre les chefs d’Etat africains. Avec cette défaite, Alassane Dramane Ouattara perd un autre soutien de taille sur le plan diplomatique après la chute de Nicolas Sarkozy, Abdoulaye Wade et James Victor Gbeho. Le chef de l’Etat ivoirien avait jeté toutes ses forces dans la bataille pour la réélection de Jean Ping qui a été un de ses alliés indécrottables pendant la crise postélectorale. L’ancien patron de la commission de l’UA a été de ceux qui ont pris fait et cause pour Ouattara contre Laurent Gbagbo. Missi dominici de la France de Nicolas Sarkozy dont il épousait de facto toutes les thèses, Jean Ping s’est opposé au recomptage des voix proposé par le Président Laurent Gbagbo pour régler le contentieux électoral. Plus grave, il a refusé de d’endosser le rapport des observateurs de l’UA sur les élections présidentielles du 28 novembre 2010 en Côte d’Ivoire. Ces observateurs dûment mandatés par l’organisation continentale et conduits par l’ex-Premier ministre togolais Joseph Kofigoh, avaient dénoncé de graves irrégularités et la violence inouïe qui ont émaillé le scrutin présidentiel dans le nord de la Côte d’Ivoire. Mais contre tout bon sens, ce rapport pertinent qui mettait en cause la crédibilité du scrutin et des résultats frauduleux proclamés au QG de campagne du candidat Alassane Ouattara (Golf Hôtel) par le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Youssouf Bakayoko, n’a pas émoussé les ardeurs partisanes de l’ex-président de la Commission de l’UA. Jean Ping a continué à embobiner la communauté internationale sur la prétendue victoire de Ouattara, ignorant royalement le verdict du Conseil constitutionnel qui a proclamé la victoire de Laurent Gbagbo. Ses visites répétées à Ouattara qu’il n’hésitait pas à appeler publiquement « Monsieur le président de la République » avaient les allures d’une démarche de légitimation. Sa défaite allonge la liste des soutiens du chef de l’Etat ivoirien sur la scène diplomatique. Avant Jean Ping, Ouattara avait perdu son plus grand parrain en la personne de Nicolas Sarkozy qui a mordu la poussière face au socialiste François Hollande aux présidentielles françaises du 6 mai dernier. L’ancien Président français a utilisé tous les moyens diplomatiques et militaires pour éjecter Laurent Gbagbo du pouvoir. C’est sur ordre direct de Sarkozy que l’armée française a bombardé la résidence de l’ancien chef de l’Etat ivoirien et détruit toutes les capacités militaires des forces gouvernementales puis arrêter Gbagbo pour le livrer aux forces armées pro-Ouattara. « C’est la France qui a fait le travail », a soutenu, à ce propos, le Président Gbagbo, le 5 décembre 2011, lors de sa 1ère comparution à la Cpi où il est détenu sur instigation de la France de Sarkozy. L’autre allié de Ouattara qui est tombé après avoir trempé dans la conspiration contre Gbagbo, se nomme Abdoulaye Wade. Le dictateur de la Teranga réputé pour ses déclarations incendiaires contre Gbagbo a été battu à plate couture le 25 mars dernier par son ex-Premier ministre, Macky Sall. L’on se souvient qu’entre les deux tours de la présidentielle en Côte d’Ivoire, l’ancien champion du « sopi », en violation des règles diplomatiques, avait fait venir son avion de commandement à Abidjan pour transporter Alassane Ouattara à Dakar où il l’a reçu en compagnie de Jeannot Ahoussou-Kouadio, l’actuel Premier ministre, qui représentait Henri Konan Bédié à une rencontre visant à renforcer l’alliance Ouattara- Bédié contre Gbagbo. Sur la liste des soutiens déchus de l’homme fort d’Abidjan figure également le Ghanéen James Victor Gbeho. L’ancien président de la Commission de la Cedeao a cédé son fauteuil au Burkinabé Désiré Kadré Ouédraogo après un mandat controversé. Comme on le constate, tous ceux qui ont soutenu Ouattara contre Gbagbo sont en train de tomber un à un. Communauté de destin pour les soutiens de Ouattara dans la crise ivoirienne ou simple ironie du sort ? A chacun son commentaire. L’élection de Mme Nkosazana Dlamini Zuma à la tête de la commission de l’Union africaine est un changement notable qui suscite de réels espoirs chez les Africains. Pendant longtemps, l’organisation panafricaine, sous la conduite de relais de la Françafrique, a servi de marchepied aux puissances occidentales dans leur randonnée impérialiste sur le continent noir. Face aux graves crises qui minent les Etats africains (rébellions, coups d’Etat, guerre civile etc.), l’UA n’a jamais pris ses responsabilités pour apporter des solutions idoines. L’organisation panafricaine s’est plutôt engluée dans les compromissions et tergiversations orchestrées par les grandes puissances. Que ce soit en Côte d’Ivoire, au Mali, au Soudan, en Guinée équatoriale ou Somalie, l’Ua de Jean Ping a été l’ombre d’elle-même en servant des causes particulières au détriment de l’intérêt de ces pays et de leurs peuples. Toujours dans l’ombre des puissances extérieures, l’UA est restée en marge des grands débats qui engagent l’avenir du monde. Avec la nouvelle présidente de la Commission, l’Afrique digne croit fermement à un changement de cap.

Jean Khalil Sella in Notre voie

Wed, 18 Jul 2012 04:46:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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