Les gros soucis de Ouattara
Et notre interlocuteur d’expliquer : «En réalité, le président de la République a de gros soucis. Et je me demande s’il dort, le pauvre qui n’a d’autres soucis que le bonheur de ses compatriotes. Son premier gros souci, c’est comment régler le problème Gbagbo. Sa volonté réelle, c’est de l’extraire de la CPI. Mais où le mettre ? Il sait très bien qu’il ne va pas le ramener en prison en Côte d’Ivoire ici. Ses partisans ne l’accepteront plus. Il lui reste alors deux options : soit le contraindre à l’exil. Ce que Gbagbo lui-même n’acceptera pas, j’en suis convaincu. Soit l’assigner à résidence surveillée chez lui à Mama. Mais là aussi, nous craignons que ses partisans ne disent que c’est lui qu’ils reconnaissent comme leur président. Or, il faut bien extraire Gbagbo de la CPI si nous ne voulons pas que Soro et les chefs de guerre y aillent. Et le président Ouattara ne veut pas justement qu’ils y aillent».
Pour notre interlocuteur, le cas de Soro et ses chefs de guerre constitue le deuxième gros souci de Ouattara. Et il s’explique : «La même France qui a demandé la déportation de Gbagbo à La Haye, demande aujourd’hui celle du Premier ministre Soro et des chefs de guerre. Or le Président sait très bien que si Soro est livré à la CPI, ça peut se retourner contre nous tôt ou tard. Mais il sait, par ailleurs, que l’opinion ne comprendrait pas qu’il refuse de livrer Soro et les chefs de guerre alors qu’il a livré Gbagbo. Et le Premier ministre le sait très bien également. C’est pourquoi, Soro maintient ses hommes en armes sur le terrain. Car eux, de toute évidence, ne sont pas prêts à laisser leur patron être transféré à la CPI. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le retour de Gbagbo en terre ivoirienne est envisagé.»
A entendre le collaborateur de Ouattara, on se rend à l’évidence que Ouattara n’est pas politique. Il s’est laissé avoir par Sarkozy et les extrémistes de son camp en déportant le fils du peuple qu’est Laurent Gbagbo à la CPI, très loin des terres de ses ancêtres. Aujourd’hui, il a les mains et pieds liés.
Mais c’est aussi et surtout le manque d’humilité qui conduit à ce genre d’erreur. Si le nouvel fort du pays avait eu l’humilité de savoir qu’il est, lui aussi, comptable de tous ces morts et autres atrocités que la Côte d’Ivoire a connus pendant cette guerre absurde, il n’aurait pas déporté le président Gbagbo à La Haye. Car l’humilité entraine forcément la sagesse. C’est pourquoi, on dit d’elle qu’elle est la marque des grands hommes.
Boga Sivori in Notre Voie
bogasivo@yahoo.fr
Wed, 07 Mar 2012 01:49:00 +0100
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