« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Déportés à Boundiali depuis le 9 juillet dernier : Les prisonniers privés de tout, même de Dieu !

Ils sont exactement au nombre de 25 prisonniers. Tous des personnalités proches du président Gbagbo renversé par les soldats français le 11 avril 2011. Déportés de l’hôtel La Nouvelle Pergola d’Abidjan pour la prison civile de Boundiali (900 km d’Abidjan au Nord du pays), le Premier ministre Gilbert Marie Aké N’Gbo et ses codétenus ont été répartis par groupe de dix (10) pour une cellule. Depuis leur arrivée dans la prison décrite par notre informateur comme étant « un bâtiment délabré aux cellules infectes » dans cette ville du Nord sous contrôle de la rébellion depuis septembre 2002, ces prisonniers d’Alassane Ouattara vivent l’humiliation au quotidien. « Ici, les prisonniers vivent entassés, à dix personnes par cellules et reçoivent un repas par jour », indique notre informateur. Qui précise que, « par bonté, on leur a permis de dormir sur des matelas, mais ceux-ci sont posés à même le sol humide. Point de draps ! ».
Bien entendu, les parents des personnalités prises en otage à Boundiali auraient pu les ravitailler en couvertures et en draps de lits. Mais que non ! Certains parents de ces prisonniers nous informent avec insistance, depuis Abidjan, que toutes leurs demandes d’autorisations de visite ont été refusées. Et à Boundiali, notre informateur affirme qu’aucun des prisonniers n’a reçu la moindre visite depuis la déportation jusqu’à ce jour. Enfin, comble des combles, depuis leur arrivée à Boundiali, les prisonniers, ces croyants, vivent religieusement isolés, au propre comme au figuré. Dans chaque prison civile, il y a au moins un aumônier pour diriger la prière des détenus. A Boundiali, il nous revient que les geôliers refusent jusqu’à la présence de ces guides religieux auprès des suppliciés, y compris le dimanche, jour consacré par les chrétiens à Dieu.
C’est dans ces conditions que notre informateur a lu, avec consternation, dans le quotidien Le Nouveau Réveil du 19 juillet, que les détenus de Ouattara vivent dans des conditions royales à Boundiali, mangent trois repas par jour, etc. « C’est archi faux ! Les prisonniers vivent le calvaire ici. Ils mangent une fois par jour, sont privés de tout, même de Dieu ! », crache notre interlocuteur, visiblement énervé, au téléphone. Qui précise que contrairement aux insinuations du journal du PDCI aucun journaliste n’est arrivé à Bonudiali, en reportage sur « sur la vie des prisonniers ». Du bidonnage en perspective.

César Etou in Notre Voie

Thu, 21 Jul 2011 11:01:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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