« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Depuis Paris – Le président par intérim du FPI réagit aux rumeurs : « Moi Miaka, dans un gouvernement Ouattara? »

HIER, AU 07 RUE DES CARMES dans le 5ème arrondissement parisien, Sylvain Miaka Ouretto était face à la presse. A cette occasion, le patron par intérim du Front populaire ivoirien a expliqué les raisons de la présence d’une partie de la direction du FPI sur les bords de la Seine. Selon lui, la Côte d’Ivoire vit sous un régime de non-droit, où l’exception s’érige en règle. Miaka Ouretto a annoncé qu’enrichis des rencontres de l’Elysée et du Quai d’Orsay, son parti et lui allaient obliger le Président Alassane Ouattara à ouvrir le jeu démocratique en Côte d’Ivoire. Dans son propos préliminaire, le président par intérim du Front populaire ivoirien a dépeint le tableau suivant de l’état des droits de l’Homme en Côte d’ Ivoire: «Mon pays est devenu un pays où les droits de l’Homme ne sont pas respectés. Des camps militaires servent de lieu de torture de personnes proches du Président Laurent Gbagbo ou supposées l’être. Il y a plus de 500 personnes détenues illégale- ment en Côte d’Ivoire en raison de leurs opinions». Plus loin, Miaka Ouretto déclarera que «le nouveau régime en Côte d’Ivoire est un appareil ethnocentriste». Il s’appuiera d’ailleurs sur la résolution 2062 du Conseil de sécurité de l’ONU qui demande au pouvoir à Abidjan de réaliser de profondes ré- formes politiques après les dernières législatives de décembre 2011. A la question de savoir ce que le parti de Laurent Gbagbo a obtenu au terme des visites à l’Elysée et au Quai d’Orsay, Sylvain Miaka Ouretto, tout en ne dévoilant pas les contenus des échanges, a affimé: «Nous sommes venus ici pour que les bonnes vo- lontés nous aident». Selon le patron du Front populaire ivoirien l’an- cienne puissance coloniale reste in- contournable et demeure un maillon incontournable dans les affaires ivoiriennes. Il ajoute: «Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons entendu. Il y a des choses à notre désavantage, et bien plus à notre avantage. Nous irons en parler à nos camarades détenus au nord du pays, et ainsi nous prendrons les décisions et la démarche à suivre». Sur la
question des prochaines élections municipales et régionales en Côte d’Ivoire, le président du FPI a precisé que son parti ne participera à aucune élection dans la configuration actuelle de la commission électorale indépendante (CEI). Miaka Ouret- to en a profité pour dire que: «Alassane Ouattara n’avait pas de culture démocratique (…) Même si nous reconnaissons depuis sa prestation de serment et son investiture qu’il est le chef de l’Etat et le Président de la Côte d’Ivoire, il n’est pas question pour nous de reconnaître qu’il a gagné les élections». Interrogé sur l’inactivité de sa formation politique face au régime de Ouattara, Miaka Ouretto a dit que ses cama- rades et lui adaptaient leur lutte au contexte sociopolitique ivoirien. «Nous tenons à nos vies et à celles de nos militants et partisans. Nous n’allons pas les envoyer à la mort», a-t-il expliqué. Celui qui occupe de façon intérimaire le poste de Pascal Affi N’guessan, n’a pas caché son intention d’amener le Président Alassane Ouattara à prendre le FPI en compte dans la gestion de la vie politique ivoirienne: «Nous allons obliger Ouattara à ouvrir le jeu (…) quand le peuple en a marre, il prend ses responsabilités». Concernant certaines allégations, le conférencier a préci- sé: «Je ne trahirai pas, je ne rentrerai pas au gouvernement, je ne suis pas un vendu».

Jean-Paul Oro in L’Intelligent d’Abidjan

Thu, 29 Nov 2012 22:42:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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