« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

DEPUIS SON LIEU DE DETENTION : Amadé Ouérémi parle

Ainsi l’opinion a su la vérité sur les vraies conditions de son arrestation. De la même façon, on en sait un peu plus sur les premières confessions du chef milicien juste après sa mise aux arrêts. En effet, une autre vidéo a été balancée via le même canal, qui permet d’en savoir un peu plus sur le premier interrogatoire subi par le désormais ex-seigneur du Mont Péko. Il apparaît, en effet, dans ce film de 2mn 9s, assis sur une chaise adossée à un mur, placé à côté d’un bureau. En t-shirt orange, les mains enchaînées par des menottes, l’homme échange avec un élément des forces de défense et de sécurité, en présence de certains de ses pairs. On entend des voix, des grincements de portes, des commentaires des éléments présents dans la salle.

Dans un français plutôt approximatif, Ouédraogo Rémi, alias Amadé Ouérémi explique qu’il reconnaît être en erreur pour avoir pris ses quartiers dans la forêt classée du Mont Péko. «J’ai commis une erreur», avoue-t-il. «C’est quelle erreur tu as fait?», lui demande son interlocuteur comme pour l’amener à préciser sa pensée. Et l’ex-seigneur du Mont Péko d’expliquer qu’il aurait dû s’empresser de quitter les lieux quand les autorités l’avaient sommé de partir. «Si on dit de quitter, tu quittes», admet-il. Il ajoute que s’il avait fait ses valises dès les premiers jours où il avait été sommé de partir, il n’aurait pas eu tous ces ennuis. Il explique par la suite qu’il s’est retrouvé dans cette forêt comme bien des ressortissants de la région pour fuir les horreurs de la guerre (celle de septembre 2002). Non sans rappeler qu’il a vu le jour dans cette partie du pays, du temps où l’on démarrait les cars 22 places au moyen de la manivelle.

LA GROSSE COLERE DU CDT LOSS

A ses interlocuteurs, il fait savoir que le Mont Péko était devenu un moyen de substance pour lui et les siens. «C’est ici que nous aussi on se débrouille», lâche-t-il. Evoquant son avenir après avoir été extirpé de sa tanière, il se montre quelque peu philosophe. «Nous tous on est entre les mains de Dieu». Pour rappel, Amadé Ouérémi a été neutralisé le 18 mai dans le village de Bagohouo, au cœur du Mont Péko, par des troupes du Bataillon de sécurisation de l’Ouest (BSO), dirigé par le commandant Losseni Fofana alias  »Loss » et ceux du Bataillon de sécurisation du Sud-Ouest, commandé par le capitaine Yacouba Diomandé dit  »Delta », tous appuyés par des gendarmes.
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Mon, 17 Jun 2013 09:04:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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