« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Des mensonges attribués à Mangou et Kassaraté

Dans l’interview fleuve qu’il a accordée aux médias d’Etat que sont la Rti et Fraternité Matin, Alassane Dramane Ouattara a révélé avoir reçu individuellement les généraux Philippe Mangou et Edouard Kassaraté Tiapé après que ceux-ci lui ont fait allégeance après le 11 avril 2011. Et ces deux généraux lui auraient dit des choses qu’il garde pour lui, à l’en croire. Cependant, le nouvel homme fort a été aussitôt trahi par sa langue en relatant ce qu’il disait garder pour lui. A savoir que l’ex-chef d’Etat-major des armées et l’ex-commandant supérieur de la gendarmerie sous Gbagbo lui auraient indiqué qu’ils soutenaient le régime Gbagbo par contrainte. Parce que leurs familles étaient menacées dans leur intégrité physique. Et que leurs femmes et leurs enfants étaient même menacés d’être violés par les partisans de Gbagbo.
Il est difficile de croire que les généraux de corps d’armée Mangou et Kassaraté qui doivent leur ascension fulgurante au président Gbagbo aient pu tenir de tels propos à l’endroit du président élu des Ivoiriens et renversé par l’armée française au profit de Ouattara. Tellement ces deux généraux qui tenaient les rênes de nos forces armées nationales et de notre gendarmerie nationale faisaient corps avec les patriotes résistants. Notamment avec la galaxie patriotique.
C’est pourquoi il est souhaitable que Ouattara pousse le courage au bout en indiquant clairement les membres des familles de Mangou et de Kassaraté qui ont été menacés de viol. Car c’est trop facile de dire des choses aussi graves sur le compte du président Gbagbo.
A supposer même que les généraux Mangou et Kassaraté aient pu dire de tels mensonges pour sauver leur peau -ce qui ne serait pas une excuse pour eux pourtant-, le fait que Ouattara mette cela sur la place publique montre bien qu’il n’est dans la peau d’un grand homme d’Etat. Un grand homme d’Etat, c’est celui qui sait beaucoup, mais qui parle peu. Très peu même. C’est celui qui a le ventre très profond et qui sait se taire.

Boga Sivori in Notre Voie

bogasivo@yahoo.fr

Tue, 03 Apr 2012 01:15:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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