Neuf associations et organisations professionnelles de journalistes du Mali ont dénoncé des "dérives attentatoires à la liberté de la presse" dans ce pays, après l’arrestation de deux journalistes par les services de renseignement.
Le 12 mai, le directeur de publication du bi-hebdomadaire privé malien Le Prétoire, Birama Fall, avait été arrêté pendant plusieurs heures par la Sécurité d’Etat, et le 16 mai, Saouti Haïdara, directeur de publication du quotidien privé malien L’Indépendant, avait connu le même sort, rappellent dans une déclaration commune ces ONG et syndicats regroupés au sein de la "Maison de la presse du Mali".
"Nous (…) condamnons avec la dernière rigueur l’interpellation des journalistes dans l’exercice de leur métier pour quelque motif que ce soit par la sécurité d’Etat", déclare ce texte publié à l’issue d’une assemblée générale le 17 mai, et signé du président de la Maison de la presse, Makan Koné.
Ses signataires dénoncent des "dérives attentatoires à la liberté de la presse et à l’exercice du métier de journaliste" et interpellent les autorités "sur la sauvegarde de la liberté de presse et la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier".
D’après la déclaration, l’interpellation de Birama Fall, "qui a duré plus de quatre heures, aurait comme motif la détention par le journaliste d’une information relative à l’existence de prétendus charniers" suite à des affrontements entre militaires putschistes et loyalistes fin avril à Bamako.
Quant à Saouti Haïdara, selon sa rédaction, "il a été interrogé sur un article d’un capitaine de l’armée publié par le journal", et cet officier "menaçait de commettre des attentats à Bamako".
Ces interpellations, à moins d’une semaine d’intervalle, relèvent de "méthodes policières aux antipodes de la démocratie et de la liberté de presse", qui illustrent "les tentatives d’intimidation et de musellement de la presse pour des intentions inavouées", estime la Maison de la presse.
Elle fustige également "la mise sur écoute systématique des journalistes" et "la violation du secret de la communication".
AFP