« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Détournements de fonds : la Côte d’Ivoire ne punit que les seconds couteaux

Depuis près d’un mois, toute la Côte d’Ivoire ne parle que des primes impayées aux Eléphants de Côte d’Ivoire, vainqueur de la CAN 2015 en Guinée équatoriale. La joie d’avoir remporté le trophée, vingt-trois ans après le dernier sacre de l’équipe nationale s’est même estompée pour faire place à la colère.
Et pour bon nombre d’Ivoiriens, l’éclatement de la vérité dans ce dossier, de ping-pong entre le ministère des sports, le Trésor public et la Fédération ivoirienne de football, allait aboutir à des sanctions exemplaires, ainsi qu’à la fin de l’impunité dans les incessantes affaires de détournements de fonds dans le pays.

Mais le mercredi 6 mai, le gouvernement ivoirien a choisi de ne limoger que le régisseur des compétitions sportives internationales au Trésor et d’annoncer l’ouverture d’une enquête. En outre, la presse locale fait état d’un engagement pris par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, d’éponger la facture des joueurs. Une facture évaluée à 720 millions de F CFA (1,1 million d’euros).

Une décision surprenante pour une partie de la population. « Il y a trois semaines que l’affaire a éclaté sans que la recherche de la vérité n’ait avancé. Et en une journée, c’est désormais l’Etat qui célèbre l’impunité », se désole Fabrice Kouamé, étudiant en sciences économiques à l’université de Cocody-Abidjan.

Un cas qui rappelle d’autres

« Il y a eu de l’argent décaissé et un gestionnaire désigné qui est le ministre des sports. Quand on sait qu’aucune dépense ordonnancée ne pouvait être exécutée sans sa signature, il y a lieu de se demander si le régisseur est vraiment le seul coupable dans l’affaire », estime Lucie Touré, fonctionnaire d’Etat. Elle déplore surtout la répétition des scandales et un dénouement identique à chaque fois.
En effet, en mai 2013, dans l’affaire des attributions illicites de marchés ou des surfacturations lors des travaux de réhabilitation des universités, notamment celui de Cocody qui a coûté 110 milliards de F CFA (165 millions d’euros), seul le directeur financier du ministère ivoirien de l`enseignement supérieur avait été limogé. L’enquête ouverte à son sujet est restée, à ce jour, sans suite.

Lire la suite

Wed, 13 May 2015 03:32:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.