Les faits qui trahissent
Comment compte s’y prendre le régime pour réussir son énième coup? C’est justement là que se trouve le couac. Car entre temps, ce régime continue d’inculper les opposants. Certains le sont même pour «génocide». Ce même régime qui dit vouloir le bonheur des populations qui ont trop souffert, continue de torturer, emprisonner, embrigader les libertés collectives et individuelles des ivoiriens. De toute évidence, un régime passé maître dans l’art de lancer les mandats d’arrêt. Un régime en contradiction avec lui-même, disant rechercher la réconciliation pendant qu’à l’ouest du pays, le génocide du peuple Wê continu et que l’expropriation des terres bat son plein. Un régime qui aura réussi au moins une chose: instaurer l’insécurité et la misère au sein des populations déjà traumatisées. En tout état de cause un régime qui dit vouloir une chose et qui agit de façon contraire en posant des actes contre-nature.
Non, dans de telles circonstances, ce ne sont évidemment, ni le dialogue, encore moins, la paix qui sont recherchés. Il s’agit ici de livrer l’opposition, notamment le Fpi à la vindicte populaire, si éventuellement ce parti se refuse à mouiller dans des arrangements saugrenus. Il s’agit non plus, de détourner l’attention de l’opinion nationale et internationale des problèmes de fond : à savoir, des opposants inculpés pour génocide pendant que les réels génocidaires sont promus ; Laurent Gbagbo élément incontournable pour la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire, injustement maintenu en prison ; des milliers d’exilés séparés de leur terre natale. Dans de telles conditions, la pilule réconciliation-et-paix reste et demeure difficile à avaler. C’est pourquoi, pesant nos mots, nous déclarons, notamment à l’endroit de certains esprits stickés «anti-Gbagbo», cette dure mais claire réalité: sans Laurent Gbagbo, tenter de raccommoder les fractures sociales, par des subterfuges puérils, ne peut être qu’une solution d’ores et déjà vouée à l’échec. Se soustraire à cette idée, c’est tout simplement, pour le pouvoir en place, persister dans sa détermination à amuser la galerie.
Alors, permettons-nous d’insister : toute rencontre opposition-pouvoir, tout tête-à-tête premier ministre-responsables de partis ou tout dialogue républicain – appelez cela comme vous voulez – doit faire place aux actes concrets et non aux verbiages inutiles. Ne vous y trompez surtout pas, on ne recherche pas la paix, le cœur plein de haine, de rancune et de vengeance. De même qu’on ne saurait prétendre nouer la paix avec son voisin pendant qu’on détient en otage les enfants, la femme et les de ce dernier. On ne demande pas à son prochain de se renier ou de vendre son âme au diable parce qu’on a le pouvoir d’égorger et de massacrer sans état d’âme. On ne traine pas de force sa victime devant les média par ce qu’on veut avoir une bonne image de soi et juste pour faire croire que la paix est enfin revenue. Non, cela est contraire à l’idée que l’on puisse se faire d’une cohésion sociale réussie.
Ainsi, tant que prospèrera l’idée que le camp qui a «perdu» doit se soumettre au camp des plus violents et qu’il doit, contre son gré, accepter toutes les humiliations, tant que les problèmes de fonds seront ignorés, cette chose appelée dialogue républicain, ne restera qu’une poudre jetée aux yeux des ivoiriens.
Marc Micael
Sun, 15 Jul 2012 09:56:00 +0200
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