Le président de la République agressé
Pour une manifestation d’une telle ampleur où aucun dispositif sécuritaire pour même dissuader les manifestants, le message était d’une évidence mordante. La junte militaire qui détient la réalité du pouvoir sécuritaire et qui use de toutes les roueries pour se maintenir, mettait ainsi en œuvre son second coup d’Etat, qui consistait à laisser la meute agir comme bon lui semble pour réaliser le schéma B.
Ce schéma B consistait à monter des manifestants, issus des rangs de la Copam, dit-on, contre la présidence de Dioncounda pour le pousser au renoncement. Et ce qui devrait arriver, arriva quand aux environs de midi les clameurs ont envahi la capitale. La meute partie le déloger venait de réussir sa mission. Dioncounda qui était venu à la rencontre des activistes pour calmer leurs ardeurs, venait d’être agressé par un énergumène.
Transporté d’urgence à l’hôpital, il aurait dit qu’il démissionne aujourd’hui de sa charge républicaine. Une information à prendre, pour l’instant, avec des pincettes, car pouvant être frappée du sceau de la propagande. Ce qui par contre est sûr, c’est qu’après l’évacuation de Dioncounda, lequel a même eu la vie sauve grâce aux tirs de sommation de sa garde rapprochée, les assaillants se sont livrés au pillage du palais présidentiel. Encore des pillages qui nous font avancer à reculons.
En tout cas, on aura compris les menées de la junte qui continue de se jouer de la communauté internationale. Elle signe des accords avec la Cédéao et mobilise le lendemain les populations pour dire niet au même accord. En somme de la roublardise dont le seul but est de se maintenir au pouvoir contre la volonté de la frange importante de l’opinion nationale et internationale. Parce que les assaillants d’hier ne sont autres que les militants de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam), qui soutient le CNRDRE et qui contre la désignation de Dioncounda Traoré comme président de la transition.
D’ailleurs, la Convention dite nationale que la Copam organise depuis hier au CICB, pour dit-on choisir le président de la transition, n’est autre qu’une recommandation faite par le président du CNRDRE, cet organe illégal et illégitime de la démocratie. C’est le capitaine Amadou Haya Sanogo qui avait fait la requête le lundi 14 mai 2012 pour, avait-il dit, désigner le président de la transition.
Une proposition que le président de la République par intérim, Pr. Dioncounda Traoré, avait rejetée avant que l’accord de dimanche n’intervienne entre les différentes parties. Mais le second coup d’Etat du capitaine Sanogo, qui n’avait pas encore dit son dernier mot, devrait passer par là. Il appartient maintenant à la Cédéao de tirer tous les enseignements d’une telle situation.
Abdoulaye Diakité in L’Indicateur du Renouveau
DERNIERE MINUTE
4 morts et plusieurs blessés dans les rangs des manifestants
Au moment où nous bouclions cette édition, nous avons appris que les manifestations ayant occasionné la blessure du chef de l’Etat, Pr. Dioncounda Traoré à Koulouba, auraient manqué d’un encadrement des forces de l’ordre. En tout cas, celles-ci seraient intervenues trop tard. Mais lorsqu’elles sont arrivées sur les lieux c’était relativement mal à propos. Conséquence : pertes en vies humaines. De sources concordantes, quatre (4) des manifestants auraient trouvé la mort. De quoi endeuiller encore la capitale, après les évènements du 30 avril et 1er mai 2012 avec la tentative de contre-coup d’Etat des bérets rouges. Au même moment, nous avons appris que le président de la République, Pr. Dioncounda Traoré, blessé sur le coup par ces mêmes manifestants déchainés, a finalement quitté l’hôpital.
Tue, 22 May 2012 16:57:00 +0200
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