LE «TIME IS MONEY» AMÉRICAIN?
Pour certains, la diplomate américai- ne a respecté l’adage américain du «time is money» (le temps c’est de l’argent). Elle n’avait donc pas à al- ler essuyer les rodomontades d’une opposition en manque de repères qui n’a que pour seul refrain : «libérez Gbagbo». Pour d’autres observateurs encore, elle avait une mission préci- se qui était de transmettre le messa- ge des autorités américaines et rien de plus. Et puisqu’elle a eu à l’exprimer clairement à Alassane Ouattara, il n’y avait plus à tergiverser. C’est cela, estiment ces observateurs, la marque de la diplomatie américaine. On peut l’admettre. Mais il y a des rai- sons objectives qui expliquent cette posture de l’envoyée de Barack Oba- ma. Même si une source contactée à l’ambassade des Etats-Unis s’est re- fusée à tout commentaire, il est à no- ter que les Américains ont pris une option qui est différente de celle adoptée au cours de la crise posté- lectorale. Selon des sources, les Américains estiment désormais qu’il appartient aux Ivoiriens et en parti- culier au président Ouattara de prendre l’initiative du dialogue. Un dialogue sous les auspices des Etats-
Unis serait biaisé. Rencontrer l’oppo- sition dans ce sens serait vu comme une implication directe dans les af- faires politiques internes de la Côte d’Ivoire. Washington préfère ici lais- ser ce rôle à la France, à l’Union Eu- ropéenne ou encore à l’Onu.
CARTER III, LE GOUVERNEMENT ET LE FPI
Pour suivre le vœu clairement expri- mé par les Etats-Unis sur le terrain, l’ambassadeur Carter III devrait être le relais de la vision de son pays. Pour y arriver, l’on apprend que le dépar- tement d’Etat a invité le diplomate américain à changer de fusil d’épau- le. Pour rappel, Carter III avait mouillé le maillot pour le respect des résul- tats de la présidentielle de 2010 tels que proclamés par la CEI. Désormais, l’ambassadeur Carter III doit jouer le conciliateur, être cet ambassadeur ou- vert à tous et à l’écoute de tous. Il ne doit plus être perçu comme le défen- seur des intérêts d’un seul camp. ‘’Le Fpi qui garde de lui une image terne, devrait pouvoir utiliser à son profit la bonne foi des hyper structures com- me l’Onu, l’Ue ainsi que le canal de la diplomatie pour plaider sa cause et faire avancer son combat. Cela est possible. Si Phillip Carter III et les USA sont sollicités, ils ne ferment pas la porte au FPI. Hillary Clinton et les USA attendent que les pro-Gbagbo saisis- sent la perche. ’’, observe un diplomate.
S. Débailly in L’Intelligent d’Abidjan
Thu, 19 Jan 2012 23:36:00 +0100
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