Les débats sur un projet de loi à l’assemblée nationale, c’est le minimum que peut demander la pratique démocratique. Malheureusement, cet exercice a créé une crise institutionnelle en Côte d’Ivoire. Le président Alassane Ouattara a dissous son gouvernement parce que son allié n’a pas fermé les yeux sur son projet de loi. Le parti d’Henri Konan Bédié est accusé de manque de solidarité. On croit rêver, tellement l’argument est surprenant. Soro Guillaume savait-il qu’il agaçait Ouattara lorsqu’il disait à la cérémonie d’ouverture du parlement que son institution ne serait pas une chambre d’enregistrement ? Il doit se rendre à l’évidence, il est rattrapé par la démocratie version Ouattara.
Et l’houphouetisme s’est retrouvé à l’épreuve de l’exercice du pouvoir. Les fils proclamés du bélier de Yamoussoukro qui chantent à rompre les tympans la paix n’ont même pas réalisé que cette grosse prise de bec se passait la veille de la célébration de la journée nationale de la paix, valeur si chère à celui dont ils se proclament. Tout un symbole. On aurait pu au moins pour cela éviter de s’étaler sur la place publique. Mais c’était plus fort que Ouattara, comme s’il espérait depuis longtemps une occasion pour organiser un autre souper de « rattrapage ».
Mais au-delà de ce séisme politique, ce coup de marteau de Ouattara sonne plutôt comme un coup de semonce à l’attention de son allié du vieux parti. Plus que la loi à polémique sur le mariage, les lois qui vont cristalliser les attentions telles que la loi sur le foncier rural ou encore la modification de la constitution sont encore à venir. Comme pour dire, messieurs du PDCI, dégager la voie, tout ce que vous aurez à faire de vos titres de député c’est de lever la main pour que soro Guillaume déclare: «… adopté ! ».
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