« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Don de 12 millions de Fcfa d’Hamed Bakayoko à la Police criminelle : Le pouvoir pousse les Frci aux crimes

Le vendredi 7 décembre 2012, les éléments de la police criminelle ont abattu trois individus à la sortie de la Banque nationale d’investissement (Bni). Les sources policières soutiennent que ces individus suspects seraient venus en repérage dans la banque, avant de passer à l’action plus tard. C’est au cours de cette opération que les agents de la police criminelle qui les ont pris en filature, les ont cueillis vers le stade Houphouët Boigny. Trois d’entre eux ont été abattus dans les échanges de coups de feu avec la police quand deux autres ont pu s’enfuir. Chapeau à la police criminelle dirait-on. Qui en plus, a été chaleureusement félicitée par son ministre, Hamed Bakayoko en personne. Celui-ci s’est donné en spectacle à la télévision le soir de la mort de ces présumés braqueurs. Habitué comme son mentor à des actions d’éclat inopportunes, Hamed Bakayoko a cru bon d’offrir 12 millions de Fcfa à la police criminelle pour avoir déjoué un braquage. C’est ce fait qui intrigue dans cette affaire. Il n’y a qu’en Côte d’Ivoire que les autorités offrent de l’argent publiquement à des policiers qui ont simplement abattu de présumés criminels. Alors que le rôle de la police, ce n’est pas de tuer, mais plutôt faire arrêter et mettre à la disposition de la justice. On ne dira pas que le ministre de l’Intérieur ne sait pas cela. Mais bien plus que ça, ces policiers sont payés avec l’argent du contribuable ivoirien.

Où est donc le mérite de ces agents des forces de l’ordre ? Ils ont été formés aux frais de l’etat pour débusquer les bandits et les mettre hors d’état de nuire. Il n’y a donc rien d’extraordinaire dans l’acte que viennent de poser les agents de la police criminelle. Pour qu’en ces temps de vache maigre, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité débourse 12 millions de Fcfa pour récompenser un travail ordinaire. D’ailleurs, qu’est-ce qui prouve que ces individus étaient vraiment des braqueurs ? Rien ne le prouve, car aucune pièce d’identité encore moins des armes n’ont été trouvées sur eux. Mais, là où le bât blesse, c’est que les versions divergent sur le déroulement de l’opération. Des sources policières nous apprennent que les présumés braqueurs abattus le vendredi 7 décembre 2012, étaient en repérage dans les environs de la banque, lorsqu’ils ont été démasqués et abattus.

Alors que d’autres sources révèlent que les présumés braqueurs sortaient de la banque quand ils sont tombés sur les policiers en faction et seront abattus vers le stade Félix Houphouët Boigny. C’est dans cette totale confusion que Hamed Bakayoko prend l’argent du contribuable pour jeter à la fenêtre. S’il voulait rassurer les investisseurs étrangers et les bailleurs de fonds que l’insécurité est vigoureusement combattue en Côte d’Ivoire, le ministre de l’Intérieur s’en est très mal pris. Qu’a-t-il fait pour les forces de l’ordre qui auraient déjoué des supposées tentatives de déstabilisation annoncées ici et là ? est ce parce que ces tentatives de déstabilisation étaient fausses que Hamed Bakayoko n’a pas daigné offrir des sommes d’argent aux espions et autre agents de la Direction de la surveillance du territoire (Dst). Allez-y comprendre quelque chose. Des officiers qui auraient sauvé la nation et les institutions de la République d’un grave péril, ne reçoivent même pas des pécules encore moins des félicitations de leur tutelle de manière publique et spectaculaire. Y a-t-il plus important que sauver la nation d’un coup d’etat que de déjouer un braquage de banque?

Dans une telle situation, ce sont les populations qui courent un grave danger à y voir de près en cette période de fêtes de fin d’année. en récompensant promptement à la télévision, des agents de police, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité donne volontairement ou involontairement des idées aux Frci en ce mois de décembre. Car, ces Frci abonnées aux abus et exactions, sont capables à la vue de l’acte maladroit de Hamed Bakayoko d’abattre d’honnêtes citoyens aux abords des édifices commerciaux et bancaires. Tout simplement parce qu’une personne anonyme aurait signalé des individus aux allures suspectes. Il est donc fort possible que pour se remplir les poches, les Frci s’adonnent à des bavures aussi farfelues d’ici la fin d’année. Il n’y a rien d’étonnant. C’est Ouattara qui est de retour. C’est lui, dans les années 1990, à la Primature du temps Houphouët, offrait de l’argent à la Section anti vols et agressions criminelles (Savac) de la police pour des prétendus bandits tués. On sait ce qui s’est passé. Des bavures en cascades. Notamment ce véritable carnage qui a été fait dans un maquis à Port-Bouët avec le massacre de plusieurs jeunes innocents. Parce que Ouattara avait instauré des «primes mortuaires» pour récompenser qui tuerait le plus. Ainsi va aujourd’hui la Côte d’Ivoire. Des faits banals sont grossis rien que pour faire croire que le gouvernement est au travail. Alors qu’il n’en est rien.

ABIDJANDIRECT

Sun, 16 Dec 2012 14:46:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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