« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Dr Séraphin Prao, Lider : “Une visite sporadique ne peut développer une région”

«Jamais, une théorie économique n’a dit que c’est la visite d’Etat d’un président de la République, dans une région, qui développe celle-ci. Le développement d’une région s’inscrit dans la politique globale de développement d’un pays. Cela veut dire qu’au niveau local, on a répertorié les secteurs porteurs, les besoins des populations locales… On met en place une politique qui va se décliner en la mise en place d’infrastructures adéquats dans la région et l’exploitation des matières premières ou des ressources naturelles de la zone. Est-ce qu’il ne manque pas d’infrastructures sanitaires, d’infrastructures scolaires ? Est-ce qu’il y a un marché bien construit dans la ville ou dans la région, qui peut permettre aux gens de commercer ou d’acheter? Je veux parler de tout ce qu’il faut mettre en place en termes d’infrastructures de toutes sortes dans la région. Ce n’est pas la visite d’un chef d’Etat qui va développer la région. Parce que quand il arrive, qu’est-ce qu’on fait ? Ce sont seulement les routes qu’on va reprofiler. Ce sont les murs qu’on va peindre juste pour la circonstance. C’est à tout le moins une semaine d’effervescence où les maquis, les hôtels seront remplis et ça s’arrête là. Une fois que le Président est parti, aucune politique pérenne n’est mise en place. Je suis désolé pour ceux qui pensent que la visite d’un chef d’Etat dans une région développe cette dernière. Il va falloir une réflexion profonde. Il y a un ministère du Plan et de la planification, c’est son travail d’essayer d’abord d’envoyer des missions dans la région. Regarder ce qu’il y a comme atouts et faiblesses dans la région parce que désormais on parle de développement local. A Bondoukou, par exemple, il y a l’anacarde comme matière première. Est-ce qu’il ne faut pas y créer des usines de transformation de l’anacarde ? Est-ce qu’il ne faut pas encadrer les paysans et les jeunes afin qu’ils puissent s’épanouir des revenus de leurs cultures mais en ne s’arrêtant pas seulement à la collecte de la noix de cajou et de la vente. Mais penser à une semi-transformation des récoltes dans la région, par exemple. La construction d’écoles, d’hôpitaux, voilà des politiques à mener pour développer une région. Ce n’est pas une visite sporadique qui va développer une région. Mais il faut une politique bien pensée et qui utilise surtout les ressources locales».

Recueillis par Danielle Tagro
In Nord Sud

Sat, 09 Nov 2013 12:29:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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