« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

Du respect des institutions

Notre fascinante Côte d’Ivoire, celle de l’inéluctabilité démocratique, et de la fatalité réconciliatrice, quelque peu soulagée de ses massacres, et rattrapages, ethniques, est résolument engagée dans la restauration de l’Etat de droit.
Mais à l’évidence sa multitude de prisonniers, et sa foultitude d’exilés restent des balafres au fronton de sa République. Sa Commission Electorale Indépendante naguère restée en l’état et en place était composée d’entités ubuesques, aux acronymes aboyant genre MPCI, MJP, et MPIGO. Qui avaient alors fait fureur, au tournant de septembre 2002, avec l’irruption sanglante, et fracturante, d’une rébellion armée.
Ce monstre administratif, joyau d’un nombre impressionnant de désaccords ivoiriens paraphés qu’on appelait accords, avait alors joué un rôle accablant, dans l’hallucinante crise postélectorale et sa guerre subséquente. Déchaînant la violence et la barbarie, inouïes, des forces de l’enfer sorties de nous-mêmes. Une guerre civile et domestique tragicomique qui s’est soldée par l’intervention française, de forte amplitude militaire, aidée par des supplétifs onusiens, avec à la clé des milliers de morts.
C’est cette même CEI qui est de nouveau à la une de l’actualité. Mais dans un contexte qui n’est plus du tout celui de l’archi-accord de Marcoussis. La guerre est passée par-là donnant un pays fracturé, qui est installé dans des réciprocités haineuses, où tout converge vers des règlements de comptes qui vont durer. Avec des divergences implacables, et des hostilités absolues. Sous ce rapport et au-delà des sorties, en cascade, de la CEI dans sa nouvelle mouture, il est étonnant et fort choquant de voir son inénarrable Président, de sinistre mémoire, reconduit. Des inepties politiques, qui ne peuvent que compliquer les lendemains ivoiriens.
Il y a des idées qu’il faut rejeter d’emblée, même si elles semblent, momentanément, offrir un avantage. Parce qu’elles sont mauvaises en soi. Les arrangements avec les principes on a tous vu ce que cela a donné au final pour l’ancien pouvoir. Une déconvenue humiliante et apocalyptique bien riche en morts.

Paul Zahiri, analyste politique

L’auteur
Diplômé de 3° cycle en Philosophie et en Sciences Politiques de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Professeur et Enseignant-chercheur pendant plus de 25 ans et Conseiller ministériel au cours de la dernière décennie écoulée, Paul Zahiri est aujourd’hui Conseiller au sein d’une grande Institution de la République de Côte d’Ivoire et âgé de 58 ans.
Il a à son actif quelques publications dans des revues spécialisées, en France, dans des périodiques panafricains, et dans des quotidiens de la place d’Abidjan. Il s’agit notamment de «L’impossible développement et idée de démocratie en Afrique », « Du concept de force dans l’histoire », « La Côte d’Ivoire n’est plus une terre à reconquérir », « Du concept de la nationalité et de la renaissance de la conscience nationale en Côte d’Ivoire», etc. Pour les Sciences politiques.

Thu, 18 Sep 2014 04:04:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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