À la question de savoir que devient Laurent Gbagbo dans cette opération ? C’est plutôt des éclats de rire que nous a servis notre informateur : « (rires)…Vous y croyez encore vous…non ! N’y pensez pas ! Laurent Gbagbo ne sera pas libre maintenant. En tout cas, pas avant les prochaines élections en Côte d’Ivoire. À moins d’un cataclysme ou d’un miracle…Vous savez, moins on en parlera, mieux les choses iront pour tous ceux qui ont contribué à sa chute. Tout ce qui se rapporte à Laurent Gbagbo renvoie à souveraineté, liberté, indépendance…et que sais-je encore…les gens ont marre de tout ça…Les grandes puissances veulent préserver leur hégémonie dans le monde. La consigne c’est donc de tout mettre en œuvre pour rompre avec l’ère Gbagbo. Cependant, le FPI doit exister. Il regorge d’éminents cadres qui ont compris les enjeux politiques de l’heure et qui sont donc prêts à collaborer avec la France en vue de revenir sur la scène internationale.»
Les choses sont donc sans équivoques. Pascal Affi N’guessan est non seulement assuré du soutien inconditionnel de l’Occident mais veut se tenir loin de tout ce qui sent Gbagbo. D’ailleurs, il ne s’en cache plus, témoigne un de ses collaborateurs : « La vérité, c’est qu’Affi est en rupture de ban avec le président Gbagbo. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Il (Affi) lui en veut de l’avoir débarqué de son poste de Premier ministre, suite aux accords de Linas Marcoussis en 2003. Par ailleurs, il n’a toujours pas digéré le fait que sa femme (Angélique Kili ex-Pca du Fonds de régulation de café cacao (Frc) ait été incarcérée dans le procès des barons de la filière café cacao, malgré ses supplications. Enfin, il a pensé qu’après avoir effectué une bonne campagne électorale en 2010, le président Gbagbo allait lui permettre de retrouver son fauteuil à la Primature. Et puis, il faut reconnaître qu’Affi ne se sent pas vraiment comptable de la gestion de Gbagbo depuis qu’il n’est plus Premier ministre. Vous comprenez donc qu’il est très remonté contre celui pour qui, il dit avoir tout donné. Aujourd’hui, il veut prendre son destin politique en main. Il pense d’ailleurs y arriver avec toutes les assurances qu’il a reçues de ses nouveaux partenaires et bien entendu avec des hommes sûrs acquis à ses nouvelles ambitions au sein du parti.»
Voilà qui pourrait expliquer les différentes initiatives prises récemment par le patron du Fpi.
On se souvient que le 04 juillet dernier, le président Affi avait procédé à un réaménagement de son équipe. Ce qui a entraîné une vive réaction de certains cadres qui l’ont jugé «abusif et illégal». Mais les cadres mécontents ont de ce fait, saisi le Comité de Contrôle pour plancher sur le litige. Et l’article 47 des textes du parti de préciser à ce sujet : «…Le Comité de Contrôle peut, en cas de divergence profonde dans l’interprétation des textes fondamentaux de nature à entraver le fonctionnement du parti, demander la tenue d’une session extraordinaire du Comité Central pour avis. En cas de persistance du différend, le Comité de Contrôle peut demander au Comité Central la convocation d’une (1) Convention extraordinaire ou d’un (1) Congrès extraordinaire. Le Comité de Contrôle est entendu par le Secrétariat Général ou le Comité Central à la demande de ceux-ci ou chaque fois qu’il le souhaite ».
Cependant, Affi n’a pas voulu en arriver là. Du moins, pas pour l’instant, de peur d’être certainement mis en minorité par ces camarades, du fait de cette décision controversée. Il a donc sollicité et obtenu la mise sur pied d’un comité de médiation. Par conséquent, le Comité Centrale extraordinaire qui devait se tenir le samedi 26 juillet dernier a été ajourné, en vue de mieux préparer ce rendez-vous.
La mainmise sur le Fpi
Pascal Affi N’guessan a été, suite à la médiation conduite par l’ex- président du Conseil général de Gagnoa, Jean-Baptiste Gnaoré, contraint de revenir sur sa décision, vue la grogne générale qui a suivi son réaménagement jugé «abusif» par des cadres du parti, ainsi que par de nombreux militants de base. Il a accepté de faire 03 concessions, à savoir redonner des attributions à la vice-présidente Simone Gbagbo, réintégrer les membres sortis du Secrétariat Général, réexaminer la question de ceux qui ont été rétrogradés. En ce qui concerne la réintégration de Laurent Akoun dans sa fonction de Secrétaire Général du parti, pour l’instant c’est le statu quo.
Benson Sérikpa
Mon, 04 Aug 2014 15:37:00 +0200
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