D’autre part, une nette fracture se dessine au sein de l’alliance au pouvoir composée principalement du Rassemblement des républicains (RDR), le parti libéral d’Alassane Ouattara, et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ex-chef d’État Henri Konan Bédié. Ces tensions sont notamment dues au fait que le PDCI de Bédié, ancien parti unique, vit mal son statut de second dans cette « union » où les divergences entre le RDR et le PDCI se font de plus en plus sentir. Des observateurs parient même que cette fameuse coalition du Rassemblement des « houphouëtistes » pour la démocratie et la paix (RHDP), réunissant justement le RDR et le PDCI, ne survivra pas bien longtemps. Par ailleurs, ce vote a été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n’ont pas tardé à se transformer en incidents violents, y compris avec usage d’armes à feu, dans plusieurs communes, principalement à Abidjan. Une source occidentale dans la capitale économique a affirmé que « malgré la victoire de son parti, Ouattara sort fragilisé de ces élections car il a perdu une belle occasion de montrer qu’on pouvait organiser un scrutin crédible et transparent sans contestations. » Une « victoire » obtenue pour rappel, lors d’un scrutin largement ignoré par le parti de Laurent Gbagbo, le FPI, aujourd’hui principale formation de l’opposition, ainsi que par l’écrasante majorité de la population ivoirienne.
Justement, en parlant du taux de participation, selon la Commission électorale indépendante, il se situerait autour de 30 %, entre 13 et 15 % selon le FPI, qui cite une source proche du ministère de l’Intérieur. Même en retenant le chiffre le plus optimiste pour le régime d’Ouattara, il s’agit d’une confirmation claire d’un boycott massif de ces élections. Compte tenu de ces réalités peu radieuses, le président Ouattara a du souci à se faire. Aucune avancée notable n’a été faite pour une vraie réconciliation nationale, destinée à tous les Ivoiriens, notamment les membres de l’opposition, qu’ils soient en Côte d’Ivoire ou en exil. Un fait majeur : la mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui continuent de réclamer ardemment la libération de leur président, incarcéré depuis le 30 novembre 2011 dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye (Pays-Bas), se fait sentir à tous les niveaux.
Enfin, les soutiens étrangers de Ouattara, en premier lieu la France mais également les États-Unis, devraient rapidement faire évoluer leurs approches dans la crise ivoirienne qui semble perdurer et dont l’issue est pour le moment encore bien incertaine. A noter que François Hollande recevait son ami et acolyte, le président Ouattara le mois d’avril dernier à l’Élysée. A l’issue de cette rencontre, le chef d’Etat français a « encouragé les autorités ivoiriennes à poursuivre les réformes engagées dans le domaine de la sécurité, de la réconciliation et du dialogue politique», selon le communiqué de la présidence française. Pourtant, ni la France, ni les autres soutiens occidentaux de Ouattara ne font réellement pression sur un régime ouvertement liberticide et sérieusement fragilisé. Les gouvernements occidentaux ne pourront pas longtemps ignorer le fait que la résistance ivoirienne est désormais mieux organisée et déterminée, aussi bien à l’intérieur de la Côte d’Ivoire qu’au-delà de ses frontières.
french.ruvr.ru
Mon, 29 Apr 2013 22:10:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.