« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

En Gambie, défaite historique du président autocrate Yahya Jammeh

Coup de tonnerre dans la politique gambienne. Yahya Jammeh, au pouvoir depuis vingt-deux ans, a été battu à l’élection présidentielle de Gambie, face au candidat de l’opposition unie, Adama Barrow, 51 ans. Depuis la fermeture des bureaux de vote, jeudi soir à 17 heures, la rumeur de sa défaite enflait, mais rien d’officiel ne venait la confirmer. C’est chose faite, vendredi 2 décembre, peu avant midi, heure locale : le responsable de la Commission électorale indépendante, Alieu Momarr Njai, annonce devant des visages ébahis que le président reconnaît sa défaite. Une page de l’histoire de la Gambie se tourne.

Il faudra à M. Njai une heure de plus pour annoncer les résultats : sur les 577 683 « bulletins » comptés sous forme de billes versées par les électeurs dans des bidons de couleur correspondant à chaque candidat, M. Barrow l’emporterait avec 45,6 % des voix, devant M. Jammeh à 36,7 % et Mama Kandeh, ancien député du parti au pouvoir et candidat d’une nouvelle formation, à 17,6 %.

Vingt-deux ans de pouvoir sans partage

Quelque 890 000 électeurs, sur près de 2 millions d’habitants de ce pays d’Afrique de l’Ouest enclavé dans le territoire sénégalais étaient appelés aux urnes jeudi pour départager les trois candidats. Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1994, Yahya Jammeh, élu pour la première fois en 1996 puis réélu tous les cinq ans depuis, briguait un cinquième mandat à la tête de la Gambie.
La nuit a été longue, à Banjul, avant ce dénouement historique. A l’issue d’une journée de vote calme sous un cagnard qui a fait s’évanouir plus d’un votant, les premiers résultats devaient être publiés à 19 heures. A la Commission électorale, les observateurs étaient tendus. « M. Barrow a déclaré qu’il n’accepterait pas la défaite, et on connaît Jammeh… Ça va être une nuit dangereuse pour la Gambie », explique l’un des 18 observateurs étrangers qui ont réussi à joindre la Gambie, alors que ni l’Union européenne, ni la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’ont reçu le feu vert de la présidence pour envoyer des observateurs. L’Union africaine, elle, a pu envoyer six experts électoraux, mais aucun observateur.

Lire la suite

Fri, 02 Dec 2016 16:58:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.