« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Encore des troubles au Burkina

Des militaires qui tirent en l’air pour exprimer des revendications… Cela commence à devenir une habitude au Burkina Faso… Hier soir, c’était le cas à Bobo-Dioulasso. Enième mouvement de grogne des hommes en tenue. Et le ton monte également dans la presse. Les tribunes se multiplient ici et là pour dénoncer ces agissements. Exemple sur le site d’information LeFaso.net : « des militaires burkinabè offrent aujourd’hui au monde entier le spectacle d’une armée qui se désagrège à l’intérieur d’un commandement qui lui-même se désintègre. Notre Armée est déchirée, décriée et offre un spectacle pitoyable. Une réalité insoutenable qui révolte les honnêtes citoyens et interpelle le gouvernement. (…) Aujourd’hui, poursuit LeFaso.net, les dérives actuelles sont si nombreuses qu’il faut absolument reconstruire une vraie Armée républicaine. Il est inadmissible, pour les civils que nous sommes, de voir quelques éléments incontrôlés de notre armée s’ériger en acteurs du désordre et oser même défier l’autorité de l’Etat, en choisissant la voie de la violence plutôt que celle du dialogue. »

Chantage…

Pourtant, relève le site Fasozine, le porte-parole du gouvernement avait été très ferme avant-hier, c’était d’ailleurs sur l’antenne de RFI… Fasozine qui rapporte les propos d’Alain-Edouard Traoré : « il y a un chantage de la part des gens qui ont des armes et qui croient que l’Etat n’a pas la capacité de maintenir l’ordre. » Commentaire du site : « ce coup de gueule tranche avec les positions plus ou moins caressantes des autorités burkinabè à l’égard des militaires insurgés dont les mouvements d’humeur compromettent sérieusement la paix sociale et la liberté de circuler et de vaquer à ses occupations. (…) Il est évident que pour une fois, ce “serviteur de l’Etat” a osé dire tout haut ce que tout le monde pense bas, poursuit Fasozine. “Le chantage des hommes en armes” n’a que trop duré dans un Burkina qui, à force de perdre du temps et de l’énergie dans une crise sociale qui frappe tous les corps sociaux, finit par devenir ingouvernable. Le président Blaise Compaoré, qui est aussi de surcroît le ministre de la Défense, doit prendre ses responsabilités pour mettre fin au désordre qui n’honore pas l’Armée burkinabè. »

Le syndrome guinéen ?

Attention, prévient pour sa part le quotidien Le Pays, « attention au syndrome guinéen ! (…) La situation au Burkina s’apparente, à quelques exceptions près, à celle qui prévalait en Guinée du général Conté, relève le journal. Les militaires s’étaient mutinés là-bas aussi, à plusieurs reprises pour revendiquer le paiement d’arriérés de salaires. (…) Pour en finir avec les mutineries, la Guinée s’est résolue à restructurer l’armée sous la transition avec l’aide notamment de l’ONU. Est-ce ce qu’il faut également au Burkina pour que cessent à jamais ces mutineries ? », s’interroge Le Pays. « Il faudra peut-être y songer car, selon un économiste analysant la série de mutineries en Guinée, “la solution, ce n’est pas de satisfaire simplement les revendications des mutins, mais c’est plutôt d’éradiquer les pratiques qui ont conduit à l’accumulation d’arriérés et de restructurer complètement l’armée”. Les différentes similitudes entre la Guinée Conakry et le Burkina, sur ce plan, sont très troublantes. Attention donc, prévient Le Pays, à ne pas tomber dans cette situation préjudiciable à la paix sociale et au développement. »

RFI

Wed, 01 Jun 2011 11:55:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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