« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Enlèvements des pro Gbagbo: La complicité de l’Onu mise à nu

Au nez et à la barbe de l’Onuci, le pouvoir violente, enlève, emprisonne, assassine des innocents. Le climat sociopolitique est très alarmant. Depuis le 11 avril 2011, la Côte d’Ivoire vit aux rythmes des enlèvements, kidnappings et autres arrestations arbitraires. Cadres, militants de l’opposition, militaires, policiers, gendarmes… sont soumis aux exactions des Frci. Le régime visiblement sonné, s’en prend aux populations civiles.
Ces enlèvements, kidnappings et arrestations arbitraires se sont accrues depuis quelques temps. Un climat de terreur et de psychose générale est entretenu à dessein par le pouvoir. En tout cas, on assiste à une dérive dictatoriale. Et les populations ne font que subir le régime Ouattara la mort dans l’âme. L’Onu qui il y a juste deux ans, se faisait championne de la défense des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, a perdu son latin.
Les populations civiles sont chaque jour enlevées, torturées, et dans certains cas massacrées, sans que la Division des Droits de l’Homme de l’Onuci ne lève le doigt pour dire non. Et ce, au moment où l’Onu ne voit que des civils parmi les victimes de l’armée syriennes dans la crise qu’elle a fabriqué de toutes pièces dans ce pays. A la vérité, après le départ de son parrain français Nicolas Sarkozy, le pouvoir joue désormais la carte de ses amitiés onusiennes.
A savoir bénéficier du silence coupable de l’Organisation des Nations unies devant les horribles exactions que commettent les Frci depuis le 11 avril 2011. C’est ce qui est d’ailleurs bien fait. «Nous avons le dossiers complet sur les exactions et les enlèvements que commettent les Frci. J’avoue que nous ne savons aujourd’hui au niveau d’Abidjan quoi faire. Nous avons à plusieurs reprises, alerté nos premiers responsables au niveau des Usa, sur les exactions en Côte d’Ivoire, mais on nous a toujours dit que nous ne sommes pas ici pour ça. On nous dit que ce ne sont pas nos oignons. Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe au niveau de l’Onu», se plaint un jeune cadre africain en poste à l’Onuci.
A en croire plusieurs autres cadres de l’Onuci, tous les responsables onusiens en poste à la maison de verre à New York sont parfaitement informés des crimes, violences et enlèvements orchestrés par les Frci. Chaque jour, voire chaque semaine, des rapports détaillés et complets sur les enlèvements de civils et partisans pro Gbagbo atterris sur les bureaux de Ban-Ki Moon et ses collaborateurs. Tous ces rapports viennent de la division des Droits de l’Homme de cette Institution. Malheureusement, ces rapports restent dans les tiroirs sans aucune suite favorable. En un mot, c’est un silence radio sur les rapts, les enlèvements, les arrestations arbitraires dont sont victimes les Ivoiriens. «La division des droits de l’Homme de l’Onuci a plusieurs fois, interpellé l’Onu à New-York sur cette situation dramatique.
En réponse, New-York nous demande toujours de fermer les yeux sur ces cas d’enlèvements recensés ici et là» révèle une dame cadre de l’Onuci. Parce que cela ne fait pas partie de la feuille de route officieuse de l’Onuci. Cette attitude de l’Onu n’est pas étonnante. Car, l’histoire récente de la Côte d’Ivoire enseigne sur sa complicité notoire dans la déstabilisation du pays à partir de 2002. Ce «machin» comme l’appelait de Gaulle, a démontré qu’il n’était pas neutre dans le conflit ivoirien au cours de la crise post-électorale qui a suivi l’élection présidentielle d’octobre 2010. Pendant ces évènements, l’Onu a appuyé militairement et politiquement les ex-rebelles dans la crise postélectorale de 2011. Les différents embargos sur les médicaments, les aliments et les armes imposés à la Côte d’Ivoire, ont été tous été pris avec la caution de l’Onu.
Les soldats de cette Institution, ont même combattu aux côtés des ex-rebelles lorsqu’ils étaient retranchés au Golf Hôtel. L’Onu n’a pas non plus hésité à faire décoller ses Mi-24 pour bombarder les positions des Fanci et la résidence du Président de la République. En Afrique, sa complicité dans les crimes a été démontrée au Rwanda, au Liberia, en Somalie, en Sierra-Leone où des millions de personnes ont été tuées, massacrées sous les regards complices des soldats onusiens. Aujourd’hui encore, c’est le même schéma qui est appliqué en Côte d’Ivoire. Un pays qui souffre d’un régime dictatorial et violent. Pour le plus grand malheur des opposants et de la société civile.

Fabrice Tété
Source: Le Temps

Tue, 04 Sep 2012 04:45:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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