Pour tromper les médias, il lui a suffi de montrer sa carte de visite, à de nombreuses reprises. Un logo de l’ONU en haut à gauche, son nom écrit en une police à volutes, et le tour était joué. Le quotidien britannique The Independent raconte comment en seulement quelques mois, cet homme de 61 ans est devenu une référence économique au Portugal. Tout a commencé en avril 2012, à une réception de l’organisation la plus philanthropique de Lisbonne, l’Académie de Bacalhau. Ses cartes de visite dans la poche, il a disserté sur son œuvre, une somme intitulée Croissance, inégalité, pauvreté. Là encore, il s’agit d’une usurpation d’identité, puisque cette étude a en réalité été "empruntée" à un employé de la Banque mondiale via Internet.
A cette époque, il se fait passer pour un professeur d’économie au Milton College, aux Etats-Unis et pour un chercheur des Nations unies se concentrant sur les effets de la récession dans les pays d’Europe du sud. Un CV impressionnant qui le fait entrer dans les médias portugais.
TROLL
A la mi-décembre, le quotidien Expresso publie une interview de lui en double page, accompagnée d’une photo de lui, en costume sombre, yeux tournés vers l’horizon, comme le décrit narquoisement El Pais. Puis l’agence Reuters reprend ses déclarations dans une dépêche, le 15 décembre, reprise par le Chicago Tribune. S’en suit une interview à la radio TSF, et surtout un passage sur le plateau de l’émission Expresso da Meia-Noite sur la chaîne du câble SIC Noticias.
C’est en décembre que la supercherie est mise au jour. Le directeur d’Expresso, mortifié, présente ses excuses à ses lecteurs pour cet "échec impardonnable après trente-deux ans de journalisme". The Independent raconte qu’un de ses anciens camarades d’école devenu avocat, et qui avait croisé M. Baptista da Silva lorsque ce dernier était derrière les barreaux, avait été "effaré" de voir son ancien condisciple à la télévision "parvenir à mettre ainsi son passé derrière lui". De son côté, la chaîne de télévision TVI 24 a expliqué qu’un seul coup de fil aux Nations unies avait permis de démasquer l’imposteur.
Sur Internet, l’histoire a évidemment séduit les internautes, qui en ont fait un "mème", comme en témoigne la page Facebook dédiée au faux économistes. Un hommage à son activité de troll de l’économie portugaise.
bigbrowser.blog.lemonde.fr
Fri, 25 Jan 2013 00:38:00 +0100
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.