Alors qu’on approche de la date de la commémoration des bombardements français meurtriers de novembre 2004 en Côte d’Ivoire, l’avocat français des familles des neuf soldats français tués lors du bombardement de Bouaké le 6 novembre de cette année-là, a donné de la voix hier jeudi 3 novembre, dans une lettre ouverte. Il a déploré le fait que les enquêtes soient restées lettres mortes, avant de faire des révélations sur ce bombardement. « Des éléments du dossier laissent apparaître des pistes plus que troublantes. Par exemple, que le bombardement était voulu afin de créer une situation propice pour se débarrasser de Laurent Gbagbo », a écrit Me Jean Balan, l’avocat des familles de victimes françaises constituées en parties civiles. Me Balan a accusé dans son courrier, l’ex-ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, d’avoir dès le début de l’enquête cherché à « saboter l’action de la justice afin d’éviter, à tout prix, que la vérité ne soit connue ». Notamment en 2006, quand une polémique avait éclaté sur l’arrestation quelques jours après le bombardement de Bouaké, de huit Biélorusses au Togo, parmi lesquels se trouvaient deux pilotes. Ils avaient été mis à la disposition des services français avant d’être libérés. La ministre de la Défense française d’alors, Mme Alliot-Marie, avait affirmé pour justifier la libération des Biélorusses, qu’il n’y avait « pas de base juridique puisque pas de mandat d’arrêt international » pour les interroger. Mais pour l’avocat Jean Balan, l’affaire doit être remise sur la table pour que justice soit rendue et qu’enfin, la lumière soit faite sur le bombardement de Bouaké et les événements de novembre 2004 en Côte d’Ivoire. A l’en croire, l’enquête est au point mort depuis plus d’un an. C’est pourquoi il a formulé des demandes d’actes pour que les victimes ne soient pas oubliées dans cette grisaille. Sept ans après ces événements, a-t-il expliqué, la procédure est toujours en cours au Tribunal aux armées de Paris. « A ce stade de la procédure, tout s’est arrêté, disons, pour des raisons administratives. Aucun acte de procédure significatif n’a plus été effectué depuis un an et demi. Les actes demandés par moi-même qui permettraient d’apporter enfin une touche finale à cette affaire sont toujours en attente », a-t-il révélé dans sa lettre. Avant de demander les auditions d’une dizaine de conseillers de Michèle Alliot-Marie, de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, et du négociant d’armes Robert Montoya, soupçonné d’avoir fait livrer à la Côte d’Ivoire les deux Sukhoï-25 qui ont servi au bombardement. Me Balan veut aussi que les demandes de mandats d’arrêt formulées en 2006 par la juge Florence Michon contre les deux pilotes biélorusses, soient réactivées. Notons que le procureur du Tribunal aux armées avait opposé un avis défavorable à ces requêtes.
L’Inter
Sept ans après le bombardement de Bouaké, L`enquête n`avance plus
L`enquête sur le bombardement meurtrier en 2004 du camp militaire français de Bouaké, en Côte d`Ivoire, est au point mort depuis plus d`un an, a déploré jeudi l`avocat de parties civiles, formulant plusieurs demandes d`actes pour que les victimes "ne soient pas oubliées".
Le raid mené le 6 novembre 2004 par deux Sukhoï-25 des forces loyalistes ivoiriennes contre ce camp français avait tué neuf militaires français et un civil américain, et blessé 38 soldats. Sept ans après, l`enquête est toujours en cours au Tribunal aux armées de Paris (TAP).
"A ce stade de la procédure, tout s`est arrêté, disons, pour des raisons administratives", affirme dans une lettre ouverte Me Jean Balan, avocat de plusieurs familles de soldats français victimes de cette attaque.
"Aucun acte de procédure significatif n`a plus été effectué depuis un an et demi", poursuit l`avocat. "Les actes demandés par moi-même qui permettraient d`apporter enfin une touche finale à cette affaire sont toujours en attente."
Me Balan demande notamment les auditions d`une dizaine de conseillers de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, de l`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et du négociant d`armes Robert Montoya, soupçonné d`avoir fait livrer à la Côte d`Ivoire les deux avions qui ont servi au bombardement.
Il souhaite en outre que soient réactivées les demandes de mandats d`arrêt contre les deux pilotes. Elles avaient été formulées en 2006 par la juge Florence Michon, mais le procureur du TAP y avait ensuite opposé un avis défavorable.
Dans sa lettre, Me Balan accuse de nouveau Mme Alliot-Marie, qui avait été entendue en mai 2010, d`avoir, "dès le début de l`affaire", cherché à "saboter l`action de la justice afin d`éviter, à tout prix, que la vérité ne soit connue".
Une polémique avait éclaté en 2006 quand avait été révélé que huit Biélorusses, parmi lesquels se trouvaient deux pilotes, avaient été arrêtés par les autorités togolaises quelques jours après le bombardement, puis mis à disposition des services français avant d`être libérés.
Mme Alliot-Marie avait affirmé qu`il n`y avait alors "pas de base juridique puisque pas de mandat d`arrêt international" pour les interroger.
"Des élements du dossier laissent apparaître des pistes plus que
troublantes", écrit Me Balan. "Par exemple, que le bombardement était voulu afin de créer une situation propice pour se débarrasser de Laurent Gbagbo."
Immédiatement après le bombardement de Bouaké, l`armée française avait détruit l`aviation ivoirienne, provoquant une vague de manifestations antifrançaises à Abidjan.
Publié le jeudi 3 novembre 2011 | AFP