« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Exactions en Côte D`Ivoire : L`ONU demande à Ouattara de garantir les droits de l`homme.

Dans une résolution adoptée par consensus au dernier jour de sa 17ème session, le Conseil de l’Organisation des Nations unies (ONU) a engagé le gouvernement du président Alassane Ouattara à garantir le respect des droits de l’homme dans son pays. Le texte, adopté hier vendredi 17 juin, prend note des recommandations de la commission internationale d’enquête qui a accusé de crimes de guerre tant les forces d’Alassane Ouattara que celles de l’ancien-président ivoirien Laurent Gbagbo. Selon l’AFP qui a donné l’information hier, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé, par la même occasion, de la création pour un an, d’un poste d’expert indépendant destiné à assister le nouveau gouvernement de Côte d’Ivoire. En outre, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à un arrêt immédiat des violences. Mercredi 15 juin dernier, Human Rigths Watch (HRW) s’est inquiétée de ce que la justice ivoirienne sous la présidence Ouattara "semble partiale" face aux auteurs de violations des droits de l’Homme. L’ONG internationale de défense des droits de l’Homme a souligné qu’aucun élément des forces pro-Ouattara impliqué dans des crimes graves n’a encore été arrêté.

Dans un communiqué, Human Rights Watch a appelé le nouveau pouvoir à donner une suite au rapport de la commission d’enquête nommée par l’ONU sur les crimes commis durant la crise post-électorale. Dans leur rapport qui a été examiné mercredi par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, les enquêteurs de l’ONG internationale ont accusé les forces pro-Ouattara et celles de l’ancien président Gbagbo d’avoir commis des actes susceptibles d’être classés "crimes contre l’humanité et crimes de guerre", et ont demandé que leurs auteurs soient traduits en justice. «Si la Côte d’Ivoire tient à rompre avec son passé comme le président Ouattara l’a promis, une justice impartiale doit impérativement être rendue aux milliers de victimes », a estimé aussi HRW. Or, selon Corinne Dufka, chercheuse au sein de l’ONG, "le clivage se creuse entre le discours du gouvernement Ouattara selon lequel personne n’est au-dessus des lois, et la réalité d’une justice qui semble être partiale et marcher au ralenti". Elle s’est élevée contre le fait qu’aucun des membres des Forces républicaines (pro-Ouattara, ndlr) n’a été arrêté ou placé en garde à vue pour crimes graves commis pendant la période post-électorale.

Parallèlement, a fait remarquer HRW dans son rapport, des dizaines de présumés auteurs ou responsables d’exactions au sein du camp Gbagbo "sont en garde à vue depuis plus de deux mois, mais les procureurs n’ont toujours pas porté d’accusations formelles contre eux ».

L’ONG a demandé qu’on en finisse avec cette "incertitude » juridique. La crise née du refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir après sa défaite au scrutin de novembre 2010 a été marquée par quelque 3.000 morts, selon le nouveau régime, installé après l’arrestation de M. Gbagbo le 11 avril.

La commission de l’ONU demande la création d’une commission nationale sur le dialogue, la vérité et la réconciliation, la poursuite des responsables des violences ainsi que la ratification par la Côte d’Ivoire des statuts de la Cour pénale internationale (CPI). Un expert indépendant aidera les autorités ivoiriennes à mettre en œuvre ces recommandations. La Haut Commissaire aux droits de l’homme devra faire rapport sur la situation en Côte d’Ivoire lors de la prochaine session du Conseil en septembre. Les Etats membres de l’ONU et les organisations internationales sont invitées à fournir une assistance technique à la Côte d’Ivoire pour qu’elle puisse combattre l’impunité, réformer les secteurs de la sécurité et de la justice, progresser dans la reconstruction et la réconciliation.

TRA BI Charles in l’Inter

Sat, 18 Jun 2011 02:52:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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