A 22h passée, des élèves de Terminale sont soit avec un répétiteur, soit tout seul, en train de reprendre les exercices. Le lendemain, peut avant 8h, Carine, le ventre creux, élève dudit lycée, seule dans une classe, a les yeux lourds de sommeil.
Pour rien au monde, elle ne veut louper les cours dits de renforcement dans les matières scientifiques, ce jour. Elle qui y a de mauvaises notes, a passé, à l’en croire, toute la nuit à étudier. « Nous faisons des cours de renforcement, depuis que les notes sont arrêtées, il y a près de deux semaines », nous apprend-elle.
Devant la classe, un autre élève, de sexe masculin, qui a lui aussi passé la nuit en train d’étudier comme plusieurs élèves, devant ou dans des classes, soutient être du Collège Notre Dame des lagunes, à quelques pas de là. « Je suis venu ici pour préparer les cours de renforcement. Nos classes ne sont pas encore ouvertes », relève-t-il. Les cours de renforcement se font dans la plupart des lycées et collèges. Comme le nom l’indique, ils sont destinés à renforcer les connaissances des élèves. Mais ils sont payants. Ces cours sont dispensés par les enseignants, dans leurs écoles. Dans plusieurs lycées, les montants ne sont pas en deçà de 10 mille franc Cfa. Ce prix couvre les matières littéraires (Français, Anglais et Philo) et scientifiques (Math, Physiques, Sciences de la vie et de la terre). L’emploi du temps varie d’un établissement à un autre.
Ainsi, contrairement au lycée municipal de Port-Bouët, au collège moderne de la même commune, les matières littéraires sont enseignées le matin et l’après-midi consacrée aux matières scientifiques. Pour certains parents d’élèves, ce n’est pas normal surtout quand des enseignants font payer le travail pour lequel l’Etat les rémunère. « Des enseignants, au lieu de faire les cours comme il se doit pendant l’année, se sont amusés et c’est maintenant qu’ils font payer les élèves pour les faire. Dans l’école de mon enfant, les élèves n’ont rien vu en Philo.
C’est maintenant qu’il fait ce qu’il devait avoir déjà fait. C’est cette année qu’on voit des choses pareilles », grommelle-t-il. Pour d’autres, aucun sacrifice n’est pas de trop, pourvu que les élèves réussissent à passer le cap. Du côté des formateurs, on estime que la motivation permet de donner le meilleur de soi. Mais des syndicats d’enseignants dénoncent cette façon de faire qui prend de l’ampleur.
Dominique FADEGNON in Soir Info
Mon, 25 Jun 2012 07:59:00 +0200
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