« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Face aux agressions répétées : Les populations d’Azaguié se soulèvent et exigent le départ des Frci

La commune d’Azaguié était hier (Lundi 12 mars ndlr) encore sous les feux de rampe de l’actualité. Parce que les populations qui sont constamment l’objet d’agression, de racket et de vol ont bruyamment manifesté leur colère devant le camp des Frci dont elles ont exigé le départ de la cité. Selon le témoignage d’un habitant de la ville joint au téléphone hier, tout a commencé dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 mars 2012. De son récit, il ressort que dans cette nuit, entre minuit et une heure du matin, des éléments Frci que les populations disent avoir formellement identifié, ont attaqué plusieurs domiciles dans la ville. C’est ce énième cas de vol et d’agression qui, aux dires de l’informateur, a mis le feu aux poudres. Digérant mal cette montée de l’insécurité, les populations ont donc décidé depuis 3 heures du matin, d’occuper les rues. Cela après l’opération coup de sifflet qui a permis de réveiller l’ensemble des habitants de la commune. Les Frci de leur côté, a-t-on appris, ont durant toute la nuit essayé de disperser le rassemblement en libérant des coups de feu en l’air. Mais n’ayant pas atteint leur objectif, compte tenu de la détermination de la population, ils ont cessé de tirer et les deux camps ont opté pour un round d’observation qui dure jusqu’à 6 heures du matin. Quand les manifestants reprennent leur mouvement, affirme l’informateur, c’est pour se diriger vers le camp des Frci dans le but de les en déloger. Mais le détachement de la gendarmerie qui arrive sur les lieux après avoir été alerté, s’interpose et entame une petite négociation pour tenter de ramener le calme. Seulement entre 11 heures et 12 heures, la tension monte d’un cran et les deux camps sont presqu’au bord de l’affrontement. C’est pendant cette atmosphère très tendue qu’arrive le préfet d’Azaguié qui, selon les dires de nos sources, a engagé une véritable négociation avec les populations. C’est pendant ce temps de négociation qu’est arrivé un détachement militaire de l’Onuci pour procéder au désarmement des Frci afin d’éviter le pire.

Jusqu’à 16 heurs, le préfet était encore en négociation avec les populations qui font du départ des Frci une exigence irréversible. Pour les populations, c’est le lieu de rappeler aux autorités du pays, le manque de moyen de locomotion et de dotation en armes légères des gendarmes qui sont des professionnels en matière de protection des populations et de leurs biens. Comme cela se voit, l’amélioration de la situation sécuritaire n’est pas pour demain. Avec ces bases militaires que l’on retrouve dans chaque village du pays, il y a de quoi craindre pour la sécurité des populations rurales en ces moments où le pouvoir accuse certaines contrées d’être des caches d’armes. Le ministre délégué à la défense, M. Paul Koffi Koffi, ne profitait-t-il pas déjà des événements d’Arrah pour donner un blanc seing aux Frci d’exterminer les pauvres citoyens en cas de révolte ?

Nicole Bantchi In Aujourd’hui

Mon, 12 Mar 2012 21:54:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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