C’est une délicate mission que Ouattara a vainement essayé d’entreprendre. Sa visite qu’il a effectuée à Bouaké la semaine dernière s’est soldée par échec cuisant. De fait, si dans le communiqué officiel des services de la communication de la présidence ivoirienne, on a parlé de visite de travail parce que devant être consacrée à l’inauguration de la nouvelle usine de transformation de la noix d’acajou, le calendrier présidentiel officieux indiquait par contre tout autre chose. Et c’est un proche du conseil de Ouattara qui crève l’abcès en révélant que le déplacement du chef de l’Etat ivoirien à Bouaké n’était pas prévu dans le calendrier mensuel du mois de février. Cette visite, explique notre confident, visait un seul but, celui de rencontrer à Bouaké, les représentants de toutes les couches sociales vivant dans les zones CNO en vue de leur signifier la nécessité pour ces populations, de payer désormais leurs factures d’eau et d’électricité. Ainsi, quelques heures après l’inauguration de l’usine d’acajou, la véritable mission de Ouattara pouvait commencer. Bien avant, le comité d’organisation de ladite mission avait tout mis en oeuvre pour son succès.il avait donc à réunir un grand nombre des groupes sociaux concernés y compris quelques abonnés de la CIE-SODECI soit, dans la grande mosquée de la ville, soit aux domiciles de certaines autorités coutumières et administratives de la ville. « On a donc tenté de leur expliquer que la décision a été prise par les responsables de ce grand groupe qui est CIE-SODECI et qu’il était impérieux pour elles (populations) de se soumettre à cette décision pour ne pas subir les effets néfastes des pénalités de règlement ». Et d’ajouter que c’est Bouygues en personne qui a fait pression sur Nicolas Sarkozy, président de la République française, lequel à son tour, s’est acharné sur le chef de l’Etat ivoirien, le sommant de régler le plus vite possible, ce problème. Malheureusement, affirme notre interlocuteur, la partie n’a pas du tout été aisée pour Ouattara qui s’est trouvé confronté à une situation de désenchantement vis-à-vis des populations de Bouaké qui, affirme cette même source, lui ont opposé un triple refus. « Pour ces abonnés de la CIE et de la SODECI, Bouaké est toujours une zone de guerre. Ce qui la dispense du règlement de ses factures. Ils avancent comme prétexte la crise militaro-politique du 19 septembre 2002 qui, selon eux, ne serait pas totalement réglée au vu de la situation sécuritaire que vivent ces zones dites CNO. » Notons que le groupe CIE-SODECI compte à ce jour 27.000 abonnés dans la capitale du centre. Fort conscient de cette donne, le représentant de la commune d’Odienné aurait, lors des échanges, fait un bref rappel à la délégation présidentielle pour justifier ce refus de payer les factures anciennes. « On nous avait dit que du fait de la guerre, nous, populations des zones CNO, allions bénéficier d’un traitement gratuit. Mais que ne fut pas notre surprise de voir les agents de la CIE-SODECI venir nous priver d’eau et de courant. Ce qui avait suscité la colère de nos enfants qui avaient assiégé une nuit de vendredi à samedi la résidence du préfet de la région du Denguélé et du département d’Odienné, pour réclamer le rétablissement immédiat de l’électricité dans les domiciles où la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) a interrompu le courant, pour dit-on, faute de règlement de facture. Il faut noter par ailleurs que, depuis le déclenchement de la crise militaro-politique, le 19 septembre 2002, les factures d’eau et d’électricité avaient cessé d’être délivrées dans les zones centre, nord et ouest (CNO, ex-assiégées). Les agents de la Société de distribution de l’eau en Côte d’Ivoire (SODECI) et de la CIE s’étant repliés en zones ‘gouvernementale. « On ne comprend pas pourquoi on nous demande de payer ces factures alors qu’elles avaient déjà été annulées. » A dit le représentant des communautés étrangères avant de dire le refus de ses pairs de payer lesdites factures.
Simplice Zahui in Aujourd’hui