« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Fête de l’indépendance sous tension Les doutes planent sur les auteurs de l’attaque du camp d’Akouédo

Attaque des bases militaires

La préparation du 52ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire a été marquée par des attaques meurtrières de plusieurs bases militaires et plus de 200 armes de tous genres emportées. « Week-end d’indépendance sanglant : un autre commando invisible attaque », titre L’Inter. Il écrit que le commando qui a frappé le camp militaire d’Akouédo est sans visage. « Sont-ce des miliciens, mercenaires pro-Gbagbo ? Soldats frustrés des FRCI ? Ex-éléments des FDS ? », se demande le quotidien. Il révèle qu’un des assaillants avant sa mort a déclaré : « Je sais que vous allez me tuer. Mais je vous préviens que ce régime ne gouvernera pas dans la paix. Ce n’est que le début de plusieurs actions du même genre qui se préparent dans tout le pays ».

Nord Sud Quotidien explique le film de cette attaque qu’il a attribuée au capitaine Atsin Achi, ancien élément du 1er bataillon des parachutistes commando, menée à partir du Ghana et qui aurait été aidé dans sa tâche par ses anciens comparses en fonction à la base militaire d’Akouédo. Ce dernier aurait été arrêté avec 14 autres membres de son commando et détenus à la Direction de la surveillance du territoire. Pour le gouvernement, les auteurs de cette attaque ne sont autres que les partisans de Gbagbo. En effet, le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a déclaré sur RFI que « ce que je peux vous dire au stade actuel de l’enquête, c’est que ce sont des gens qui proviennent de la galaxie des miliciens pro-Gbagbo et des militaires ex-FDS nostalgiques du régime Gbagbo », a rapporté Le Patriote.

Soir Info dit le contraire. Selon lui, des informations glanées de diverses sources militaires et diplomatiques invitent à voir ailleurs. « Nos informateurs mettent plutôt l’index sur des éléments FRCI qui ne sont pas contents de leur sort ». Il indique qu’à Yopougon, il s’agirait d’un règlement de compte entre FRCI, à en croire un policier témoin, dans le but de « faire libérer certains d’entre eux qui avaient été raflés et détenus dans le commissariat. Ce n’est pas le fait d’assaillants ou de miliciens. Ce sont des éléments FRCI qui sont venus libérer leurs frères d’arme ». Quant à l’attaque du camp d’Akouédo, selon Jeune Afrique qu’il cite, un diplomate a laissé entendre : « Pour les milieux diplomatiques d’Abidjan, l’attaque ressemble bien à une action de supplétifs FRCI qui n’ont toujours pas été pris en compte par le pouvoir. C’est une sorte de signal qu’ils donnent au gouvernement pour accélérer la Réforme du Système de Sécurité et de l’Armée, (RSSA) en panne depuis plusieurs mois ». Pour Le Nouveau Courrier, l’attaque du camp d’Akouédo est une humiliation pour le régime Ouattara qui se perd dans les déclarations. « Quelques dizaines d’hommes mettent le régime à genoux », note-il. Quant à Aujourd’hui, il titre que « Ouattara est seul face au chaos », abandonné par ses soutiens. Car pendant les affrontements, aux dires du ministre Hamed Bakayoko, les forces onusiennes et de la Licorne n’ont point réagi. Aussi du côté du PDCI, le Secrétaire général du parti, Djédjé Mady, a accusé sur RFI les dozos d’être la cause de l’insécurité dans l’ouest du pays.

La réconciliation

Dans son message à la nation, le chef de l’Etat a renouvelé son appel à la réconciliation, relève L’Inter. « En ma qualité de Président de tous les Ivoiriens, je réitère notre ferme volonté de favoriser la réconciliation. Mon devoir est de rassembler tous les Ivoiriens et je ne m’y déroberai pas », a dit le président Alassane Ouattara. Au sujet de la réconciliation, l’Archevêque de Korhogo a dit aux Ivoiriens : « Quittons nos vieilles habitudes », lors de son sermon à l’occasion de la clôture du quarantième anniversaire de l’Archidiocèse de Korhogo, lit-on dans La Nouvelle.

CÉSAR DJEDJE MEL in linfodrome.com

Wed, 08 Aug 2012 23:42:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

6 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

1 mois ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.