De Daoukro à Dimbokro, en passant par Toumodi, Yamoussoukro et Bouaké, ce sont des parents qui reçoivent leurs fils ayant abandonné champs, bureaux, commerces et autres activités, qui reviennent après un an. Limité au nord par la région des Savanes (Korhogo), à l’Est par le Zanzan (Bondoukou) et l’Indénié (Abengourou), à l’ouest par le Worodougou (Séguéla) et Gôh (Gagnoa) et au sud par le District d’Abidjan, le pays baoulé grand comme le Togo, sera en effervescence pendant le long week-end pascal (du samedi 30 mars au lundi 1er avril 2013). Mais au juste qu’est-ce qui fait courir les baoulé à la veille de la Pâque chaque année.
A la veille de l’indépendance de la Côte d’Ivoire (1960), les cultures de rente introduites par le colon connaissent une production sérieuse, particulièrement dans le centre du pays occupé par le peuple baoulé. Et pendant un quart de siècle après l’indépendance, les cultures phares, à savoir, le café et le cacao constituent les principales sources de revenu de ces populations des localités de M’Bahiakro, Bocanda, Bongouanou et Dimbokro (capitale) devenues la boucle de ces produits. Les populations conscientes de moyens importants générés par ces produits, mettent en place des structures de développement afin d’aider les villages ou les localités.
Les moments privilégiés sont les longs week-end qui coïncident avec le bilan de la récolte (la vente des produits), le début de la saison des pluies dans les villages. La période la plus souhaitée est celle de Pâques. La boucle du café-cacao s’étant déplacée vers le centre-ouest (Soubré-Méagui en 1990), à cause de la rareté de la forêt et de l’instabilité de la saison des pluies, ce peuple agriculteur s’est aussitôt déporté vers cette région aux forêts encore vierges. D’où une importante colonie baoulé dans des forêts. Ce sont ces nombreux baoulé installés à l’ouest et au centre-ouest qui font mouvement vers les localités baoulé, en temps de Pâques pour des retrouvailles en famille. Ces retrouvailles annuelles ont fini par créer des habitudes et susciter des projets sociaux pour booster le développement des villages.
Projets de développement
La plupart des villages baoulé se sont dotés de mutuelle de développement. « Nous avons mis les mutuelles de développement pour étudier les besoins des populations restées sur place. Et chaque année, nous définissons les priorités et faisons le bilan de ce qui a été fait ou pas. Pour cela, il faut que tous les fils et filles du village soient témoins, à l’occasion d’une réunion publique sur la place du village », a expliqué un villageois d’Angonda (Toumodi) rencontré à Abidjan.
C’est quasiment identique pour tous les villages baoulé. « Au temps du Fonds régional d’aménagement rural (Frar ndlr), nous présentions notre cotisation annuelle comme celle du village pour nous aider à avoir vite les projets. Cela nous a permis d’avoir un dispensaire et une école primaire », a renchéri Kouamé Alexis, ancien membre d’une mutuelle, dans le département de Bocanda, résidant à Abidjan. Dans le programme des retrouvailles au village, une place est laissée à l’ambiance. « Nous joignons l’utile à l’agréable. C’est notre façon de détendre et de remercier tout le monde pour la contribution à l’avenir du village, en organisant des soirées festives », a justifié Koffi Julien du village de Kolibo (Dimbokro) que nous avons rencontré à Abidjan.
M’BRA Konan in Soir Info
Fri, 29 Mar 2013 09:36:00 +0100
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