C’est ainsi que les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des pays de la CEDEAO se sont réunis hier 17 septembre 2012 à Abidjan pour mettre la dernière main à leur plan de déploiement d’une force au Mali dont le Nord, on le sait, est sous la coupe de groupes islamistes lourdement armés. Cette rencontre succède à celle des chefs d’état-major de la Communauté, qui a eu lieu quelque 48 heures plus tôt.
Les politiques ont donc pris le relais des galonnés, et il reviendra aux chefs d’Etat en dernier ressort de prendre la décision finale. Tout semble cependant indiquer qu’on s’achemine inéluctablement vers la proposition d’une feuille de route a minima. Il ne devrait donc pas être question pour les forces en attente de monter en première ligne au front ni d’entrer dans la capitale malienne.
Si débarquement il devait y avoir, ces forces devraient se cantonner dans une drôle de guerre en attendant qu’on daigne leur faire appel, car l’armée malienne n’aurait besoin que d’un soutien logistique, de renseignements…, se disant capable de se battre comme un grand pour restaurer son honneur bafoué, pour peu qu’on lève l’embargo qui pèse sur ses armes dans certains ports. On comprend certes cet orgueil kaki et teinté de chauvinisme. Reste à se demander si la Grande Muette malienne peut, à elle seule, venir à bout de cet adversaire à trois visages (Ansar Dine, MUJAO et MNLA dans une moindre mesure).
En attendant en tout cas, les islamistes, eux, continuent de dicter leur loi avec son cortège de mutilations, de flagellations en public et autres actes dégradants : ainsi après Gao, où de présumés voleurs et braqueurs, au nombre de cinq, ont eu chacun une main et un pied amputés par le MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest), c’était au tour, avant-hier, de Tombouctou d’entrer dans la danse macabre des mutilations ; Tombouctou où un jeune homme d’une trentaine d’année a été barbarement privé de son membre inférieur droit, cette fois par les irrédentistes d’Ansar Dine.
A cette allure, comme nous le soulignions dans une de nos livraisons (Regard sur l’actualité du mercredi 12 septembre 2012), si l’intervention de la CEDEAO venait à être concrétisée, pour sûr, les troupes se retrouveraient face à une armée de manchots dans le désert malien ; malheureusement, l’application de la fameuse charia dans sa version la plus archaïque par les islamistes, qui font fi du respect des droits de l’homme et de la dignité humaine, aura déjà fait ses effets.
Il est donc d’une nécessité impérieuse de cesser les atermoiements et d’agir pour mettre fin à la souffrance des populations, qui ne savent plus à quel charia recourir, si tant est que tout ce qui relève de cette charia ne soit pas forcément négatif ; ne l’est en effet que celle qui est d’une application pathologique, incapable de s’adapter aux réalités présentes.
D. Evariste Ouédraogo in L’Observateur Paalga
Tue, 18 Sep 2012 09:19:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.