« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Formation du nouveau gouvernement: Ouattara comme un chef de guerre

Alassane Dramane Ouattara a signé hier, sur proposition du nouveau Premier ministre, le décret n°2012-242 portant nomination des membres du gouvernement. La liste a été rendue publique par le ministre d’Etat, secrétaire général du gouvernement, Amadou Gon Coulibaly. La première caractéristique, c’est que le chef de l’Etat cumule ses fonctions avec celle de ministre de la Défense. Qui historiquement est également baptisé « ministère de la guerre ». Généralement, c’est en situation d’exception où un pays est en état de guerre qu’un chef de l’Etat, pour s’assurer du contrôle de l’armée, cumule ses fonctions avec celle de ministre de la défense. C’est ce qu’a fait le Président Laurent Gbagbo en 2002 quand la Côte d’Ivoire faisait face à la rébellion armée pro-Ouattara. Il est donc surprenant qu’au moment où le pouvoir dit que la guerre est terminée et que tout va bien au pays, que Ouattara s’octroie le portefeuille de la défense. Il s’agit là d’un message à l’endroit de l’opinion nationale et internationale pour dire que la guerre n’est pas achevée contrairement à ce qu’il avait affirmé au cours de ses nombreux voyages à l’extérieur.
Ouattara remplace au poste de ministre de la défense, Guillaume Soro Kigbafori, chef visible de l’ex-rébellion armée, qui était aussi Premier ministre. En prenant en main le ministère de la défense, Alassane Dramane Ouattara montre que la situation de guerre n’a pas évoluée. Il prouve également qu’en dehors de Soro, il n’a confiance en aucune autre personne au sein du Rhdp. La deuxième caractéristique de ce nouveau gouvernement est le fait que le Premier ministre, Jeannot Ahoussou Kouadio, conserve le portefeuille de la Justice. Cela dénote de la volonté du régime Ouattara de maintenir « la justice des vainqueurs ». Ouattara ne veut certainement pas gripper la machine en changeant le conducteur. La troisième caractéristique est l’entrée au gouvernement de la magistrate Loma Matto Cissé, précédemment présidente de la commission nationale d’enquête sur la crise post-électorale. C’est la preuve que cette commission ne pouvait pas être impartiale. Le Fpi a eu donc raison de la rejeter. Il n’y a rien eu de nouveau sur le soleil avec ce nouveau gouvernement. Ouattara a pris les mêmes pour recommencer. C’est une véritable comédie qui a été servie au peuple ivoirien.

Boga Sivori, in Notre Voie
bogasivo@yahoo.fr

Wed, 14 Mar 2012 02:11:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

4 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.