De La Haye à Abidjan, Bruxelles et Paris que le vuvuzela s’estompe.
Dans cette atmosphère énervante et inquiétante ou le pouvoir ivoirien choisit son opposition, le ministre Charles Blé Goudé, président du Cojep est à sa deuxième intervention sur cette crise. Normal il est un acteur majeur de la vie politique ivoirienne. La seule chose qui me rend perplexe c’est le sens de ses interventions et le comportement de ceux qui les amplifient. Ses déclarations viennent-ils vraiment de Charles Blé Goudé codétenu de Laurent Gbagbo, Gbagboiste certifié et « fier de l’être » ou des individus autour de lui, les lui font endosser pour un agenda qu’ils sont les seuls à maitriser ? Ulcéré par la charivari orchestré par sa deuxième déclaration sur la crise au FPI qu’il faut être franc et le dire, remet M. Affi en selle, j’accuse. J’accuse trois personnes proches de lui : Mambo Abbé qui selon ses souhaits est pratiquement seul désormais à la barre de la communication du ministre, Patrice Saraka son porte-parole et son amie Hanny Tchelley Etibou.
La communication politique fille de la communication est un vaste champ aux contours immaîtrisables. Comme le dit un philosophe français parlant de communication « ce terme recouvre trop de pratiques, nécessairement disparaitrais, indéfiniment ouvertes et non dénombrables ». Tout le monde s’érige en communicateur autour de nos leaders. Chacun y va de son inculture et de son égo pour faire endosser au chef des actes inopportuns. Charles Blé Goudé à travers les réactions de ces trois personnes proches de lui après sa dernière prétendue déclaration sur la crise au FPI est apparu aux yeux des observateurs comme un gamin qui trépigne lorsqu’on lui arrache un jouet. Parce que pour une fois, une bonne frange des ivoiriens n’a pas été d’accord avec sa sortie, alors on nous apprend qu’il est brisé et qu’il accuse et qu’il s’effondre et pleure. Non, non et non. Ce n’est pas cette image que j’ai de ce leader et ce trio ne réussira pas à casser l’aura de ce meneur parce qu’il (ce trio) veut faire son show sur les réseaux sociaux et surtout sur facebook.
A titre personnel, je suis dans un train de banlieue lorsque je reçois un appel de M. Mambo Abbé qui me supplie pratiquement de ne pas intervenir dans ce qu’il appelle « mon palabre que j’ai commencé sur facebook ». Mais diantre frère, tu n’as pas à faire palabre sur facebook parce que des proGbagbo contestent la sortie de ton chef et doute du fait que cela vienne vraiment de lui. N’est-ce pas que le doute est d’actualité désormais dans notre camp et que la candidature de Gbagbo à la tête du FPI est banalisée et sa signature soumis à un graphologue parce qu’il est détenu ? Patrice Saraka lui ira carrément s’en prendre nommément à un cybernaute qui dans la guéguerre entre proAffi et proGbagbo sur les réseaux sociaux a juste cherché à savoir si le courrier venait vraiment du Général de la rue. Ce cybernaute n’indexait nullement le ministre, mais réglait ses comptes à M. Affi et ses suiveurs qui contestent le courrier de Gbagbo. Mais bon ce n’est pas tout le monde qui maitrise les subtilités de la communication et les sorties multiples de M. Saraka ont plus exposé Charles Blé Goudé et nullement contribué à rehausser son image.
Il est grand temps qu’on aille à l’essentiel. Que le vuvuzela inutile s’estompe. On peut communiquer sur nos visites aux détenus de la communauté internationale pour que le monde entier sache qu’ils ne sont pas abandonnés mais il est plus utile d’aller prendre des consignes et ensuite de bosser en silence comme le font plusieurs personnes qui y vont dans un anonymat total et qui œuvrent discrètement à travers divers réseaux pour faire bouger les lignes.
De notre efficacité et de notre capacité à travailler en synergie, en équipe dépend la crédibilité de nos leaders. Que ceux qui vont à La Haye y aillent avec des solutions et en ressortent avec des solutions pour nous sortir de cette situation. La mauvaise communication faite par Mambo, Saraka et Hanny sur la prétendue sortie du ministre Charles Blé Goudé a noyé l’importante rencontre européenne du Cojep qui a eu lieu ces jours-ci à La Haye. C’est ensemble qu’on devient incontournable, seul nul n’est indispensable.
Désormais que notre mot d’ordre et nos actes concourent vers un seul but : 2015 que Ouattara dégage et que les ivoiriens se réconcilient véritablement.
Armand Iré
Journaliste-écrivain
Réfugié politique
Thu, 23 Apr 2015 11:03:00 +0200
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