Selon le jeune député européen du parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV), les nouvelles relations franco-africaines s’appuieront davantage sur la Société civile et auront pour vocation le développement soutenable. A priori, on peut penser que c’est là un bon début. Mais la prudence que Pascal Canfin a tenu à observer au sujet de la Françafrique est révélatrice de la délicatesse qui couvre cette nébuleuse.
En décidant de placer la société civile africaine au centre de la nouvelle coopération entre l’Afrique et leur pays, les nouvelles autorités françaises semblent en la matière s’aligner sur l’approche américainePlus globalement, le monde anglo-saxon aime davantage faire confiance à la société civile. A juste tire car cette dernière, débarrassée de l’esprit bureaucratique et de la mentalité citadine des commis de l’Etat, travaille au quotidien et au contact direct des populations locales, qui sont les destinataires finaux de tous les projets de développement.
Si cette promesse devait être traduite concrètement sur le terrain, ce pourrait bien être un début du changement que François Hollande proclame pour maintenant. Parce qu’il s’agira presque de "recadrer" l’Afrique politique et à sa classe dirigeante, gangrénées par les fléaux de la corruption, de la gabegie, du mépris pour les droits et les libertés et qui ont fait la preuve de leurs limites. Manifestement, avant de s’installer à l’Elysée, François Hollande semble avoir eu droit à un diagnostic qui l’aura convaincu de l’inutilité de poursuivre sur les traces de ses prédécesseurs.
Mais à en croire Pascal Canfin, la décision de mettre "out" les dirigeants africains ne sera pas la seule innovation du quinquennat hollandiste. Pendant le magistère de l’ex-premier secrétaire du PS, l’écologie sera également un des éléments de la coopération franco-africaine. C’est dans ce cadre que le ministre délégué français au développement a évoqué le développement soutenable.
De l’avis des spécialistes, cette dimension est particulièrement chère à Pascal Canfin. S’inspirant des nombreuses conséquences fâcheuses que le développement essentiellement fondé sur la croissance a engendrées dans certains pays dits industrialisés, la nouvelle tendance serait d’amener les Africains à adopter une attitude de développement qui, tout en se préoccupant légitimement des besoins essentiels et immédiats des plus démunis, veillera tout de même à ne pas compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
Mais en dépit de toutes ces initiatives que les populations africaines pourraient applaudir, il y a que l’épineuse question de la "Françafrique" demeure un sujet délicat. Certes, l’institution d’un ministère au développement en lieu et place de celui de la coopération, est interprétée dans certains milieux, comme un signe positif en vue de la rupture. Mais il n’en demeure pas moins que la gêne et le malaise avec lesquels Pascal Canfin a abordé le sujet de la "Françafrique" ont de quoi tempérer l’enthousiasme de certains activistes qui, en Afrique, rêvent et espèrent enfin la mort du concept de "pré carré français".
Boubacar sanso Barry in GuineeConakry.info
Sun, 20 May 2012 12:44:00 +0200
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