Compiègne, Sarcelles et récemment Strasbourg : plusieurs clips ont titillé la curiosité des élus et de la justice. En cause, la drogue, les armes et les paroles trop crues qu’on peut y voir et y entendre.
Dans ces cas-là, trois grilles de lectures (au moins) sont possibles :
il faudrait enfermer ces jeunes et faire un exemple. Interdire le rap aussi, car c’est une musique qui encourage la violence, les doublements scolaires et la débauche ;
la justice a mieux à faire et de toute façon, c’est simplement de la com’. Condamner des rappeurs qui se donnent en spectacle ne changera rien tant qu’on n’agira pas sur le fond. La drogue continuera de circuler, les armes aussi, quand bien même on remplacerait le rap par la folk ;
c’est simplement de la fiction. Une sorte de court-métrage à budget quasi nul, où les jeunes fantasment leurs modes de vie et reproduisent des codes utilisés par des stars du rap. Un divertissement, quoi.
Flemme et manque d’imagination
A Sarcelles, le réalisateur du clip polémique – qui met en scène des mineurs – se justifie :
« On parle de drogue, comme dans les films. Mais ce ne sont pas des dealers, ils vont tous à l’école. Il n’y a rien de méchant, ce n’est que de la comédie, que des comédiens. »
Peut-être. Mais comme l’explique le sociologue Anthony Pecqueux aux Inrocks :
« On refuse systématiquement la possibilité du second degré au rap, c’est une constante depuis plus de vingt ans. Et on continue à prendre les spectateurs de ces clips pour des idiots culturels, incapables de ne pas les prendre au premier degré. »
Ces jours-ci, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Le Parisien ou encore FranceTV Info ont évoqué le cas d’Abdelos, un jeune rappeur strasbourgeois. Son clip, qui transpire la flemme, le copié-collé et le manque d’imagination (en gros, tous les ingrédients pour se taper la honte), fait l’objet d’une enquête de la Direction départementale de la sécurité publique.
Wed, 27 May 2015 02:23:00 +0200
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