« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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FRANCE – François Fillon : la revanche surprise du «troisième homme»

En dépeignant un Fillon-la déprime et un Sarkozy-la revanche lors du dernier débat télévisé de la primaire de la droite jeudi dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet ne s’est-elle pas finalement trompée ? Car en créant la surprise d’arriver hier en tête du premier tour de ce scrutin inédit pour la droite, l’ancien Premier ministre tient là sa revanche. La revanche d’un éternel second qui n’a jamais douté de ses chances ; la revanche d’un élu de province qui n’a jamais été en cours dans le landerneau parisien ; la revanche d’un homme qui a consacré plus que tout autre toute sa vie à la politique ; la revanche d’un second couteau qui a décidé de jouer le premier rôle.

Le Theule, son premier mentor

Fils d’une historienne et d’un notaire originaire de Vendée, anciens militants de l’UDR, François Fillon naît le 4 mars 1954 au Mans. Il sera l’aîné de quatre enfants, grandissant à Cérans-Foulletourte dans la Sarthe, département dont il fera plus tard son fief électoral. Passionné par les 24 heures du Mans auxquelles participa son grand-père, François Fillon décroche un bac de philo en 1972 et obtiendra un DEA en droit public en 1977. Mais un an auparavant, cet admirateur du général de Gaulle fait une rencontre décisive qui signera son entrée dans un monde politique qu’il ne quittera plus : celle de Joël Le Theule, député de la Sarthe, dont il devient l’assistant parlementaire. L’ascension du jeune Fillon, alors barriste, paraît fulgurante et lorsque son mentor est nommé ministre de Valéry Giscard -d’Estaing, il le suit comme directeur de cabinet.

Cette carrière prometteuse est interrompue par son service militaire. A son retour, il épouse celle qu’il fréquentait au lycée de Sablé-sur-Sarthe, Penelope Clarke, une jeune Galloise avec laquelle il aura quatre enfants. Le décès de Joël le Theule en décembre 1980 lui fait connaître sa première élection : il devient conseiller général du canton de Sablé-sur-Sarthe. C’est de ce village que François Fillon va alors construire sa carrière politique. En 1981, il succède à son mentor à l’Assemblée nationale et devient à 27 ans le plus jeune député.

Le compagnonnage Seguin

Fidèle à l’aversion de Le Theule pour Jacques Chirac, François Fillon cherche d’autres options au sein du RPR qu’il a rejoint en 1977. Ce sera Philippe Seguin, un député des Vosges lui aussi élu en pleine vague socialiste.

Avec Séguin, le gaulliste social qui devient son mentor, commence un compagnonnage intellectuel très fort et le 2e chapitre de son histoire politique. Avec Michel Noir, François d’Aubert, Charles Millon, Michel Barnier, Alain Carignon et même François Bayrou et Dominique Baudis, François Fillon sera l’un des «rénovateurs» du RPR. L’aventure de ces «quadras» de la droite fera flop et coûtera à Fillon son poste au bureau national du parti. Qu’importe, Fillon suit Seguin quand celui-ci se rapproche de Charles Pasqua pour tenter une OPA sur le RPR de Jacques Chirac.

L’alliance Demain la France qui introduit l’idée de souverainisme tourne court et est écrasée par Jacques Chirac lors du congrès du RPR en 1991. Cette aventure renforce les liens avec Philippe Seguin.

Quand celui-ci devient le hérault des anti-Maastricht, François Fillon est à ses côtés pour mener campagne contre la ratification du traité. La courte victoire du oui est une défaite d’avenir pour le duo.

En 1993, lors de la vague bleue des législatives qui porte la droite au pouvoir, Édouard Balladur, le libéral-européen fait appel à François Fillon le souverainiste. Cette incongruité ouvre le 3e chapitre de la vie politique de François Fillon : celle des ministères. Dans le gouvernement Balladur, Fillon est ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

En 1995, il choisira ce Premier ministre issu de la droite orléaniste pour ne pas avoir à soutenir Jacques Chirac, pourtant le choix de son mentor Philippe Seguin.

C’est peut-être au nom de cette amitié avec Seguin que Chirac ne lui en tiendra pas rigueur : François Fillon est ainsi à nouveau ministre chargé des Télécoms notamment, où il gérera la fin du monopole de France Télécom.

La relation Fillon-Seguin se poursuit. Lorsque le député des Vosges s’empare enfin du RPR en 1997, Fillon est dans sa garde rapprochée où se trouve également un certain Nicolas Sarkozy.

Après la démission tonitruante de Seguin en 1999, Fillon secondera d’ailleurs le président par intérim Nicolas Sarkozy.
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Mon, 21 Nov 2016 10:32:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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