Jeter le bébé avec l’eau du bain
Pour tenter de donner du mouvement à la crise et commencer à réunir les conditions de l’intervention souhaitée autant par Paris que par la CEDEAO, le Premier ministre malien s’est rendu le vendredi dernier à Paris pour annoncer au Président de transition, Dioncounda Traoré, sa «décision de proposer une large ouverture à toutes les forces vives du Mali» pour libérer le pays. La formation d’un gouvernement de large union était une exigence de la CEDEAO qui la considère comme un préalable indispensable à la reconquête du Nord du Mali. A ce propos, la CEDEAO se dit prête à envoyer une force militaire de 3 000 hommes pour aider l’armée malienne à reprendre le contrôle des villes tombées entre les mains des terroristes d’AQMI et du MUJAO. Mais contrairement à la France qui prône une intervention militaire dans la région, l’Algérie, qui possède près de 1500 kilomètres de frontière avec le Mali, a répété (le vendredi dernier) vouloir privilégier la diplomatie pour régler la crise. Fortes de leur expérience dans la gestion du dossier des rébellions touarègues, les autorités algériennes paraissent convaincues que la «démarche du tout sécuritaire» n’est pas du tout viable, et cela, en plus du fait qu’elle est difficile à mettre en œuvre. «Nous avons toujours préconisé et souhaité le dialogue entre les acteurs maliens et le gouvernement central du Mali», a indiqué à Addis-Abeba le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, avant de préciser : «Les pays du champ (Algérie, Niger, Mali et Mauritanie) sont d’accord sur cette approche».
Découpler la question touarègue d’AQMI
Le diplomate algérien, qui s’exprimait à l’issue d’un entretien avec le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, a souligné que cette approche est aussi « convergente » avec la communauté internationale. A ce propos, il a rappelé la dernière résolution du Conseil de sécurité qu’il a qualifiée de «claire».
Cette résolution préconise la recherche d’une solution politique entre Bamako et les rebelles touaregs dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Mali, tout en combattant le terrorisme et le crime organisé. Reste à présent à savoir si la CEDEAO, qui a actuellement le statut de Médiateur dans la crise malienne, l’entendra de cette oreille.
Paul N’guessan in Le Combat
Wed, 01 Aug 2012 23:18:00 +0200
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