« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Fraude sur la nationalité ivoirienne: L’aveu du régime Ouattara

«Nous n’allons plus assister à la manipulation des états civils (…) Nous n’allons plus assister à la fraude sur la nationalité». Ces propos sont de Jeannot Ahoussou-Kouadio, Premier ministre d’Alassane Dramane Ouattara. Il les a tenus, vendredi dernier, à l’occasion de l’inauguration du centre régional des archives à Bouaké, ville symbole de l’immigration. C’est un véritable aveu que fait le chef du gouvernement. M. Ahoussou-Kouadio reconnait clairement trois faits. D’abord qu’il y a eu manipulation des registres d’état civil, ensuite qu’il y a eu fraude sur la nationalité et enfin qu’eux (certainement les gens du nouveau pouvoir) ont assisté passivement à cette fraude. Si certains d’entre eux n’en étaient pas des complices actifs. Au-delà de ces aveux graves, les propos du Premier ministre du régime Ouattara suscitent des interrogations. Pourquoi le chef du gouvernement veut-il mettre maintenant un terme à la manipulation des registres d’état civil ? Pourquoi veut-il stopper dorénavant la fraude sur la nationalité ivoirienne ? Ces interrogations sont d’autant importantes que la question de la manipulation de l’état civil en Côte d’Ivoire et de la fraude sur la nationalité n’est pas un fait nouveau. D’ailleurs, le débat relatif à la fraude sur la nationalité a eu lieu sous Henri Konan Bédié, et plus récemment sous Laurent Gbagbo. En effet, pendant les inscriptions pour la présidentielle de 2010, après le croisement des différents fichiers, il est ressorti que les ressortissants de la Cedeao figuraient frauduleusement en grand nombre sur les listes électorales. Des personnes qui n’ont pas la nationalité ivoirienne, au sens de la loi, ont fait en sorte d’être inscrites sur les listes électorales afin de participer à l’élection du président de la République de Côte d’Ivoire. Le Front Populaire Ivoirien (Fpi), qui avait dénoncé le fait, n’avait pas été suivi. Aussi, que le premier Ministre d’Alassane Dramane Ouattara dénonce aujourd’hui le vol de la nationalité ivoirienne donne raison à ceux qui avaient dénoncé l’inscription des non nationaux sur la liste. Dans le temps, l’opposition mais principalement le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara avait crié à «la xénophobie», à «l’exclusion» et à la «catégorisation» des Ivoiriens. On peut surtout se demander pourquoi, c’est maintenant que Jeannot Ahoussou-Kouadio s’engage à ne plus laisser voler la nationalité ivoirienne au point de vouloir «sécuriser définitivement l’état civil» parce que, reconnaît-il, «c’est à partir des extraits de naissance qu’on établit les certificats de nationalité». Qu’est ce qui motive cet engagement? On est tenté de dire que, le pouvoir d’Alassane Ouattara s’engage désormais à ne plus assister à la manipulation des registres, parce que désormais au pouvoir, il a atteint son but. Le Premier ministre veut dire que si le pouvoir Ouattara a eu besoin de tricher pour que certains étrangers aient frauduleusement la nationalité ivoirienne, c’était pour parvenir au pouvoir. Maintenant que c’est fait, il faut mettre fin au phénomène de la fraude sur la nationalité ivoirienne. Cependant, il reste que le chef du gouvernement devra prendre des dispositions pour ceux qui ont volé la nationalité ivoirienne. A défaut d’être poursuivis, ils doivent régulariser leur situation. Mais encore faut-il savoir l’ampleur de la fraude sur de la nationalité ivoirienne.

Koulibaly Doucy, doucykoulibaly@yahoo.fr
In NOTRE VOIE

Tue, 14 Aug 2012 14:27:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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