Mais Miaka et ses camarades s’abstiennent d’y participer, dénonçant le fait que les conditions ne sont pas réunies pour des élections démocratiques. Surviennent alors des incompréhensions qui n’étouffent cependant pas l’ouverture d’un dialogue dit républicain. Le Fpi subordonne sa participation au jeu politique à la libération de Laurent Gbagbo, « son champion », de tous les cadres emprisonnés, le retour sans condition d’exil des personnalités de son parti et le dégel de leurs avoirs. Le pouvoir en place assimile ses revendications à une foire à la surenchère. « Il faut tourner le dos au préalable ! », martèle –t-il. Les choses en sont là, quand surviennent les attaques d’Akouédo, des commissariats de police et des positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire.
Le pouvoir porte alors des accusations contre les dirigeants du Fpi qu’il soupçonne d’avoir un lien avec ces attaques. Echanges de propos corsés. Alphonse Douati, secrétaire général adjoint du Fpi est mis aux arrêts. Laurent Akoun, secrétaire général est lui aussi arrêté pour troubles à l’ordre public et condamné à 6 mois de prison ferme. Coup de massue mais aussi de semonce ! Même si Miaka Oureto affirme que son parti ne se mettra jamais à genoux devant le président Ouattara, l’emprisonnement de Douati et Akoun affaiblit le parti qui traverse désormais une mauvaise passe. Les militants qui assistent impuissants à cette situation se terrent chez eux, à l’abri peut-être d’éventuels soupçons. Aujourd’hui, il est question de faire vivre le parti. Mais avec quels moyens ? « Réorganiser le parti, tenir des réunions et des meetings de mobilisation nécessitent de l’argent. Or Dieu seul sait que nous n’avons pas d’argent », nous confie un cadre du parti.
Depuis plusieurs mois d’ailleurs, le Fpi ne reçoit pas sa part de subvention, dans le cadre du financement des partis politiques. Face à un régime qui durcit sa position et qui visiblement décide d’abattre les cartes de l’intransigeance et de la fermé, que peut le parti d’Affi N’guessan et de Simone Gbagbo tenus très loin de leurs camarades militants ? De quels moyens dispose le Fpi pour affronter le pouvoir d’Alassane Ouattara ? Ces questions ne cachent pas moins la difficulté qu’éprouve en ce moment la principale formation de l’opposition pour qui, en réalité, les choses vont en se compliquant.
Alain BOUABRE in Soir Info
Tue, 04 Sep 2012 02:04:00 +0200
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