À cette occasion, il déclarait également : "Aujourd’hui, le parti a des difficultés. Et c’est sur vous que nous comptons malgré vos difficultés. Le secrétaire national chargé du budget viendra vers vous pour vous demander de nous aider comme vous pouvez. Aujourd’hui, nous fonctionnons sur la base de 125 millions de reliquat du financement de 2010 que Alassane Ouattara après que nous ayons entrepris plusieurs gymnastiques nous a remis. On attend le financement au titre de l’année 2011. Est-ce que ce financement va venir ?"
Dans la foulée, le Dr Koffi Aka, membre de la coordination des militants du FPI en exil et directeur financier du FPI sous Affi N’guessan effectuait un déplacement en Europe en vue de "solliciter l’aide des militants de la diaspora pour le financement de la résistance".
C’est que les caisses du parti sont vides. À Abidjan comme à Accra, les partisans de Laurent Gbagbo sont en proie à d’énormes difficultés financières. Et la nomination "non statutaire" de Claudel Guigui, qui intervient à quelques jours de la tenue de la convention du parti met à nu le différend qui oppose les responsables du parti à la rose.
De fait, Brigitte Kuyo soupçonnée à tort ou à raison de rouler pour Affi N’guessan, et pour la coordination du FPI à Accra ne fait pas l’affaire de Miaka Oureto. Le boycott par le président intérimaire du FPI, de la commémoration des douloureux événements du 18 février 1992, organisée par la représentante de son parti en France, à La Haye, alors que celui-ci séjournait en Europe, en est une preuve éloquente. Miaka Oureto a brillé par son absence à cette manifestation du FPI.
Selon certaines langues, le congrès qui doit se tenir après la convention, devrait permettre à Miaka Oureto, une fois confirmé dans ses nouvelles fonctions de président du parti, d’avoir les coudées franches pour "mettre de l’ordre" .
Le départ de Brigitte Kuyo et de bien d’autres représentants du FPI en Europe figurerait en bonne place sur la feuille de route que compte se donner le futur président "plein" du FPI, comme le témoigne la nomination " non statutaire" de Claudel Guigui, qui apparait comme un ballon d’essai.
Si ce scénario venait à se réaliser, Miaka Oureto confirmerait la rumeur qui l’accuse de vouloir mener le combat pour sa propre chapelle, au détriment du parti.
Car, à en croire des indiscretions, le président intérimaire du FPI ne serait pas sur la même longueur d’onde que de nombreux militants de son parti quant à la stratégie à adopter, face au pouvoir dictatorial de Ouattara, en dépit de ses mises au point : "La question de notre entrée au gouvernement doit se décider au terme d’une discussion.(…)L’entrée au gouvernement ce n’est pas une question d’aller chercher de l’argent. Nous avons posé des conditions. Nous avons demandé qu’il faut que le président Laurent Gbagbo , Affi N’Guessan, Aboudramane Sangaré, Simone Gbagbo et Michel Gbagbo, tous nos camarades qui sont injustement détenus soient libérés. Il faut que tous les exilés rentrent au pays, il faut que la CEI soit revue dans sa composition, il faut que le financement des partis politiques soit effectif, il faut que la sécurité soit rétablie sur l’ensemble du territoire national . Voilà un ensemble de conditions que nous posons" , avait-il martelé à Paris. Mais pour certains militants du FPI, Miaka Oureto qui se présente comme le président du parti, alors que le congrès ne l’a pas encore reconnu comme tel, prouve qu’il se soucie très peu de la libération de ses camarades, Laurent Gbagbo y compris. Pour ses détracteurs, en effet, Miaka Oureto qui donne l’impression de se réjouir de l’emprisonnement d’Affi Nguessan et de la démission de Mamadou Koulibaly serait "prêt à toutes sortes de compromissions". "On ne sait pas ce qu’il nous reserve demain s’il prend effectivement la tête du parti. Il aura le champ libre. Et les exigences de la majorité des militants du parti ne seront pas sa priorité. Ce qui l’intéresse, évidemment c’est sa promotion ", confie un militant du FPI.
Axel Illary
Sat, 14 Apr 2012 14:00:00 +0200
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