« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Frontière Côte d’Ivoire-Liberia La tension monte Un convoi humanitaire refoulé

Depuis la décision du Liberia de la fermeture de sa frontière avec la Côte d’Ivoire, chaque jour qui passe fait monter graduellement le mercure entre les deux armées, selon le caporal Adamo, chef du point frontalier ivoirien à Pekan-barrage que nous avons rencontré, hier lundi 11 juin 2012, à ce barrage. De part et d’autre sur la rivière Tanhi qui marque la frontière, les deux armées se regardent désormais en chien de faïence. « Ils ont fermé la frontière depuis avant-hier. Nous aussi, pour une question de réciprocité, nous avons fermé. Ils ne laissent passer que des ressortissants anglophones. Les Ivoiriens, même ceux qui tentent de traverser à pied pour aller faire leur course, sont systématiquement refoulés. Nous ne comprenons pas leur colère contre nous. C’est notre pays qui est attaqué par des gens venus de chez eux, s’il y a des gens qui doivent se fâcher, c’est bien nous », nous a confié le caporal Adamo avant de poursuivre : « Avant-hier, un véhicule libérien en provenance de la Côte d’Ivoire avec certains Ivoiriens à bord a pu franchir la frontière, comme c’est un véhicule libérien. Mais les Ivoiriens et tous les francophones à bord de ce véhicule ont été priés de descendre, avant d’être refoulés vers la Côte d’Ivoire », a-t-il dit tout rouge de colère. Il ajoute : « Les négociations que j’ai engagées auprès du chef de la police de l’immigration libérienne ont échoué, et chaque jour, la vis est davantage serrée. Mes éléments ne peuvent plus passer la frontière pour aller simplement acheter à manger. Toulepleu étant éloigné, c’est derrière la frontière que nous nous ravitaillons en vivres, mais nous n’y avons plus accès. C’est pénible pour nous ». La frontière est hermétiquement fermée. En plus du check-point, un véhicule de type 4×4 estampillé « police » est positionné en travers de la voie, juste après le pont, du côté libérien. A côté, se trouvent un bulldozer et de nombreux camions qui obstruent la route menant vers le Liberia. Lorsque nous nous sommes approchés de la ligne de démarcation sous escorte des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), des militaires libériens, à notre vue, se sont mis en position de tir en direction du poste ivoirien, débout dans leur véhicule. Devant ce danger, nous rebroussons chemin. C’est dans cette atmosphère que des hélicoptères de la Mission des Nations Unies au Libéria (Minul) font mouvement vers la Côte d’Ivoire pour des opérations militaires à la frontières du Liberia, avons-nous appris sur place. Dans la foulée, un camion humanitaire des Nations Unies affecté au Service d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (Saara), une structure du ministère des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire, qui tentait, ce lundi 11 juin, de gagner le Liberia a été refoulé à la frontière.

Armand B. Depeyla (envoyé spécial) in Soir info

Tue, 12 Jun 2012 01:13:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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