« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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GABON – Ali Bongo également rattrapé par ses propos injurieux contre Laurent Gbagbo en 2011

Dans le même temps, d’autres Africains révoltés par l’ingérences des Occidentaux dans les affaires africaines estiment que ce “serait faire une injustice à Ali Bongo si on recomptait les voix”. Bien entendu, ceci est une boutade faite à Jean Ping, qui pendant la crise postélectorale ivoirienne en 2011 a dit à peu près la même chose. Le faisant, Jean Ping refusait au président Gbagbo, ce qu’il réclame pour lui-même aujourd’hui. D’où l’expression commune “Jean Ping rattrapé par l’histoire” utilisée pour le railler.
Cette allusion à la crise postélectorale ivoirienne continue de déranger partout. Elle fut même utilisée par Maître Claude Dumont Beghi, l’avocate de Ali Bongo sur le plateau de France 24 hier (jeudi 1er septembre 2016). En effet, Maître Dumont a accusé le gouvernement ivoirien de comploter avec Ping pour faire au Gabon ce qu’ ils ont fait à Laurent Gbagbo pour lui voler sa victoire.

Ali Bongo rend Gbagbo responsable des tueries pendant la crise postélectorale

Ce que Maître Claude Dumont Beghi évite de rappeler c’est que son client a lui aussi voler dans les brancards pour donner des coups plus bas que ceux de Jean Ping au président Gbagbo.
En effet, dans une interview qu’il a accordée à Jeune Afrique en septembre 2011 , le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo a imputé la responsabilité de la crise postélectorale de 2010 à Laurent Gbagbo. Il a précisement dénoncé le manque de lucidité de Gbagbo, dans la lecture des évènements, qui lui aurait permis d’éviter les affrontements qui ont endeuillé le pays.
«Trop de vies ont été perdues à cause de cet aveuglement. Kadhafi, comme Gbagbo avant lui, n’a pas eu, ou n’a pas voulu avoir, la lucidité nécessaire pour ne pas prolonger inutilement la liste des victimes de cette guerre», a soutenu Ali Bongo, le chef d’Etat gabonais. Devant autant de morts, monsieur Bongo ne pouvait qu’approuver l’intervention militaire de la France et de l’ONU en Côte d’Ivoire même si cela a choqué de nombreux Africains, qui y voient l’expression d’une forme de néocolonialisme dans le seul but d’accaparer les richesses de ces pays.
«Quelles alternatives avait-on? Laisser la Côte d’Ivoire sombrer dans le chaos et se dérouler sous nos yeux de véritables bains de sang? L’alternative aurait été que l’Union Africaine (UA) elle-même prenne en charge ces crises, soit plus efficace ou dirige ces interventions. Il faut être réaliste et pragmatique. Nous n’avons pas pu le faire, soit parce que nous n’étions pas d’accord, soit parce que nous n’en avions pas les moyens. C’est tout le problème que nous rencontrons à l’heure actuelle au niveau de l’UA. Nous en sommes tous conscients, et il faudra bien s’asseoir autour d’une table pour trouver des solutions. Mais personne ne nous a empêchés d’intervenir, c’est nous qui avons échoué. Il a bien fallu, une fois ce constat dressé, travailler avec ceux qui avaient la capacité d’empêcher que le pire ne se produise», a martelé Ali Bongo.
Cinq (5) ans plus tard, la même situation se présente à lui au Gabon. Esperons que Ali Bongo aura la lucidité nécessaire pour ne que «trop de vies soient inutilement perdues à cause d’un quelconque aveuglement» comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire et en Libye.

Tanoh

Sat, 03 Sep 2016 09:13:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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