« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Gbagbo avait fait des concessions en acceptant les grades des Forces nouvelles Au nom de la paix en Côte d’Ivoire.

La crise militaro-politique du 19 septembre 2002 a connu plusieurs rebondissements en Côte d’Ivoire. La mise en œuvre de l’Accord de Ouagadougou, signé le 4 mars 2007 et de ses accords complémentaires n’a pas été aisée. Des concessions et des sacrifices ont été faits par l’ex rebellion des rébellion des FN, mais aussi le régime de Laurent Gbagbo et ses partisans, surtout pour la création d’une Armée nouvelle en Côte d’Ivoire.

La question de l’harmonisation des grades des soldats des Forces armées des Forces nouvelles a été l’un des nœuds gordiens de la crise ivoirienne. Les soldats des Forces nouvelles, notamment les commandants de zone au Centre, au Nord et à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, ont tous été promus au grade de chef de bataillon, (commandant) par le secrétaire général des FN, Soro K. Guillaume, grades qui n’étaient pas reconnus par les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (FDS). Le chef d’état-major des FAFN portait fièrement ses deux étoiles dorées de général de brigade, déjà en 2005, sous la primature de Charles Konan Banny, c’est-à-dire avant la signature de l’accord complémentaire IV de Ouagadougou, le 22 décembre 2008. Quand, après plusieurs mois de négociations, Laurent Gbagbo et Soro Kigbafori Guillaume signaient l’Accord politique de Ouagadougou, le 4 mars 2007 puis des actes de dégel dans la crise ivoirienne ont été posés. La nomination du secrétaire général des Forces nouvelles à la Primature et la célébration, le 30 juillet 2007, de la fête de la paix à Bouaké, ont quelque peu calmé les récriminations au sein de la Grande Muette, à Abidjan. Les différentes tractations initiées par le ministre de la Défense, Michel Amani N’guessan, et le chef d’état-major des FDS, le général Philippe Mangou, ont permis de contenir une grosse colère dans les rangs des FDS. Et le 7 août 2007, à l’occasion de la commémoration du 47ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire au palais présidentiel, le commandant adjoint des Forces armées des Forces nouvelles, Issiaka Ouattara dit Wattao, a fait son entrée pour la cérémonie de prise d’armes, dans une vareuse d’officiers, ses galons de commandant bien visibles sur ses épaules. « Depuis 2002, c’est la première fois que Soro Guillaume est assis à côté de moi. C’est la première fois que tout le monde est là, parce que les autres fois, certains avaient fêté à Bouaké», avait dit Laurent Gbagbo au terme du défilé militaire. Cette époque est bien loin. Laurent Gbagbo est à La Haye, Alassane Ouattara dirige la Côte d’Ivoire maintenant. Le CNP a changé de main Raphael Oré Lapké a succédé à Eugène Dié Kacou.

Les grades des Forces nouvelles contre les titres d’Aké N’gbo

Le CNP n’a pas manqué de sanctionner tous les organes de presse, surtout les journaux «bleus» ou pro-Gbagbo qui, selon lui, «ne font pas le travail dans les règles de l’art». «Notre Voie», «Aujourd’hui», «Le Temps», «LG infos», «Le Nouveau Courrier», «Le Quotidien d’Abidjan», ces quotidiens dits pro-Gbagbo ont été fermés pour six parutions par le CNP, pour avoir publié des titres interdits par l’organe de régulation de la presse ivoirienne, en parlant des personnalités proches de Laurent Gbagbo ou des membres du gouvernement Aké N’Gbo. Or, avant le 7 août 2007, qui marquait la reconnaissance officielle des « grades Soro », aucun organe de presse proche de l’opposition n’avait été sanctionné, encore moins fermé par le Conseil national de la presse (CNP), pour avoir écrit « les commandants Wattao, Chérif Ousmane, Fofié Kouakou…». Enfin… ! Les journaux bleus sont sur le marché depuis le mardi 17 septembre 2012, le CNP ayant levé sa sanction. Après ce qu’ils considèrent comme une semi-victoire pour ces journaux bleus, des pro-Gbagbo ne manquent aucune occasion pour rappeler que l’ancien régime avait fait des concessions en acceptant les grades des Forces nouvelles, malgré les réserves des ex-FDS. Au nom de la paix en Côte d’Ivoire.

Olivier D. in L’Intelligent d’Abidjan

Thu, 20 Sep 2012 22:33:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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