Le président Gbagbo a été déclaré apte par la Cpi à participer à la procédure judiciaire engagée contre lui. La presse pro-Ouattara jubilait, samedi dernier, après cette décision de la chambre préliminaire 1. Tout simplement parce qu’elle pensait que le débat engagé sur l’état de santé de Laurent Gbagbo visait seulement pour les avocats de la défense à extraire uniquement leur client des griffes de la Cpi sans jugement. Que non ! L’équipe de Me Emmanuel Altit n’est pas naïve pour croire que la Cpi allait relaxer le Président Gbagbo aussi facilement. Ce serait un camouflet pour toute la coalition internationale qui l’a évincé du pouvoir au profit d’Alassane Ouattara. En vérité, l’analyse que l’on peut faire de l’action de la défense du président Gbagbo, c’est que visiblement, elle voulait démontrer à travers cette procédure que, d’une part, le régime Ouattara est une dictature qui torture ses adversaires politiques, et d’autre part, que la Cpi n’est pas une juridiction libre. Et ce combat-là, la défense du président Gbagbo l’a gagné. D’abord, le rapport des experts médicaux commis par la Cpi pour examiner l’état de santé du président Gbagbo a conclu qu’il a été effectivement torturé pendant les sept de détention à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. C’est la preuve qu’il y a, à la tête de la Côte d’Ivoire, des tortionnaires. Ensuite, en indiquant dans son communiqué que «des ajustements pratiques devront être mis en place afin de permettre à M. Gbagbo de participer à l’audience de confirmation des charges. Ceux-ci peuvent inclure la tenue d’audiences plus courtes, la mise à disposition d’installations appropriées pour se reposer pendant les pauses, la possibilité pour le suspect de se dispenser de tout ou partie de la procédure, ainsi que de suivre par liaison vidéo s’il le désirait», la Cpi reconnait que le président Gbagbo n’est pas au mieux de sa forme du fait de la torture dont il a été victime à Korhogo. Car on ne prend pas de telles dispositions pour un bien portant. En conséquence, la chambre préliminaire 1 devrait le déclarer inapte et le remettre immédiatement en liberté. Et pourtant elle a décidé le contraire en le déclarant apte. C’est la preuve que la Cpi n’est pas libre. Elle est assurément sous l’influence de ceux qui n’ont pas intérêt à ce que Laurent Gbagbo recouvre la liberté. Après l’audience sur la santé du président Gbagbo, tout le monde sait désormais que la Côte d’Ivoire croupit sous une dictature et que la Cpi est sous l’emprise du politique. C’est une grande victoire pour la défense du président Gbagbo d’avoir mis à nu ces deux réalités.
Boga Sivori in Notre Voie
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